Ancorat, 9, M
sens littéral. Nous avons vu, du reste, qu'il l'a aussi parfois suivi.
La seconde interprétation ne diffère pas réellement de la troisième. Dire, en effet, que l'Eglise est fondée sur Pierre affermi dans la foi et dire qu'elle est fondée sur la foi ou sur la profession de foi de saint Pierre, c'est la même chose. L'Église n'est pas fondée sur Pierre, abstraction faite de la foi dans laquelle il est affermi ; elle n'est pas non plus fondée sur la foi considérée en dehors de Pierre. Dune part, Pierre a été établi fondement de lEglise à cause de la foi qui lui a été révélée par le Père et qu'il a professée extérieurement. D'autre part, la foi ne peut servir à édifier l'Eglise qu'autant qu'elle est incarnée dans un sujet qui la croit et qui l'enseigne. Quant aux Pères qui ont présenté l'Eglise comme fondée sur la foi ou la profession de foi de Pierre, ils n'ont pas séparé cette foi de la personne de Pierre, ils les ont au contraire réunies toutes deux. Chrysostome, par exemple, après avoir dit que le super hanc petram signifiait : « sur la foi », ajoute : « Le Christ inspire à Pierre une pensée plus élevée, puis il le constitue pasteur de l'Eglise... » De même, Cyrille, après avoir dit que la petrn est la foi ferme et inébranlable du disciple, nous montre qu'il n'entend pas séparer la personne de Pierre de la foi de Pierre; il ajoute en effet : « Pierre a obtenu des honneurs magnifiques ». Si toutefois on estime que Cyrille a ici attribué exclusivement à la foi ce qui appartient à Pierre, on devra ranger son texte parmi ceux que les besoins de la polémique et non les vues dogmatiques ont inspirés aux Pères. Cyrille a écrit ces paroles contre les ariens ; aussi élève-t-il le plus qu'il peut la profession de foi de Pierre à la divinité du Christ niée par les ariens. Hilaire, lui aussi, dans sa polémique contre les mêmes hérétiques, célèbre la profession de foi de Pierre à la divinité du Christ. Il dit que « FEglise est fondée sur la pierre de cette profession de foi » ; il ajoute même que « la foi est le fondement de l'Eglise » ; toutefois, pour montrer qu'il n'assigne pas ce rôle à la foi toute seule, il dit ensuite : « Cette foi a obtenu les clefs du royaume des cieux ».
De son côté, Bellarmin ' commence par déclarer que le con-