De piyiesentl statu Eccleslae, I
"2. VAnli-Fébronius, trad. par Pcltier, Paris, 185!>, tome I.p.357 et suiv. Not(M' copcndant, page 3G(), la dissertât ion do Zaccaria tcMidant à oxpliquei' que saint Augustin a été anien('' à son ex])lication do \ïi petra non par son ignorance du syro-chaldaïque ou du grec, mais i)airo (|u'il faisait dériver Petrus de pclra.
TEXTE « SUPER HAINC PETIîAM )) . 171
en ajoutant quelques autres, surtout en se gardant bien d'en nommer Fauteur, et il conclut que la petra sur laquelle le Christ avait promis de bâtir son Eglise, comme sur un fondement, était la foi de saint Pierre. Seulement il expliqua que le fondement en question était, non pas la foi interne du prince des apôtres, mais sa foi externe ou, si l'on veut, sa profession de foi ; et que cette profession de foi elle-même n'était pas celle qui fut donnée par le fils de Jonas à Césarée de Philippe, mais celle que saint Pierre formula dans sa carrière de prédicateur et d'apôtre investi de la mission de fonder l'Église ^
Ballérini, tout en approuvant la théologie d'Eckius, de Pighi, de Bellarmin et de du Perron, condamnait donc leur exégèse au nom de la tradition. Il approuvait au contraire l'exégèse de Launoi dont il avait les doctrines en horreur. Sa thèse fut généralement négligée. Les théologiens du dix-neuvième siècle suivirent la voie tracée par les grands controversistes. Ils continuèrent à enseigner que l'identification de la petra avec la personne de Pierre était le sens vraiment traditionnel du texte évangélique, comme il en était le sens premier et immédiat, et que les Pères qui, pour des raisons de polémique, s'en étaient parfois momentanément écartés, avaient toujours eu soin d'y revenir^. C'est que, comme on va le voir, la théorie de l'érudit Vénitien privait la controverse catholique d'une de ses principales ressources, de celle que lui offrait la discussion rationnelle du texte super hane petram.
1. De vi a c ratione primatus, 12,1, dans le Theologiae cursus completiis de Migno, 3, 984 et suiv. Noter aussi ce passage de Bossuet dans le sermon sur l'Unité de VÉglise, 1«'' point : « Pour le préparera cet honneur, Jésus. Christ, qui sait que la foi qu'on a en lui est le londement de son Église, inspire à Pierre une foi digne d'être le fondement de cet admirable édifice.» Toutefois on lit un peu plus loin : « Par cette haute prédication de la foi, il s'attire l'inviolable promesse qui le fait le fondement de l'Église. »
2. Voir Perrone, dans les Praelectiones theologicae, le traité De loris (heologicis,n. 475; Id., Le protestantisme et la règle de foi, tome 2, cIi. 6, art. 3. Cependant Veith, De romani pontificis primatu et infallibiHtate, (1791), p. 18, utihse Ballérini.