Controverses, discoui's oO
il avait parlé, sans interruption? Or de quelle pierre avait-il parlé, sinon de Simon auquel il avait dit : Tu es Pierre ? Voici le point de l'équivoque qui peut faire scrupule à vos imaginations : c'est que peut-être vous pensez que... petriis n'est pas la même chose que petra^ et qu'ainsi nous transportons la signification de Pierre à la pierre, par équivoque du masculin au féminin. Mais, après tout, nous n'équivoquons pointici, car ce n'est qu'un même mot pris sous la même signification... (Notre-Seigneur) ne parlait pas latin, mais syriaque. 11 appela donc, non pas Pierre, mais Céphas en cette façon : Tu esCephas et super hoc cepha aedificabo. Comme qui dirait en latin : Tu es saxum et super hoc saxum. Ou en français : tu es roche et sur cette roche j'édifierai mon Eglise. »
On a dit que presque tous les controversistes adoptèrent l'argument de Pighi. Il y eut une exception : elle vint de Ballérini *. L'érudit qui, appuyé sur la Tradition, venait de décider que la petra était la foi de saint Pierre, n'avait que faire des observations philologiques sur le mot Céphas dans lesquelles les théologiens se complaisaient. Ballérini se livra, lui aussi, à une discussion rationnelle sur \'d.petra\ mais ce fut uniquement pour combattre l'opinion commune. « Je ne vois pas, ditil, comment expliquer ce texte autrement que je ne l'ai fait. Comment veut-on que l'Eglise ait été bâtie sur Pierre, si ce n'est de la manière dont j'ai dit? A coup sûr, ce n'est ni sur les ossements de Pierre ni sur sa chair que l'Eglise a été bâtie. Mais on comprend facilement qu'elle ait été bâtie sur la foi qu'il a prêchée, comme l'ont dit saint Ambroise et l'auteur d'un sermon qui se trouve parmi les œuvres de saint Chrysostome. La foi étant le fondement de l'Église... saint Pierre ne peut être la petra et le fondement de l'Eglise qu'en jetant, par sa prédication, la foi comme fondement de l'Eglise. » Et ce fut par ce biais que le savant théologien de Venise justifia les quelques textes patristiques qui identifiaient la petra avec saint Pierre. Selon lui, dans ces textes, la prédication du prince des apôtres était sous-entendue. Il légitima de la même manière les expressions des Pères dans lesquelles le Christ était déclaré fonde-