‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 156 sur 371 · Contra Gaudeniium, 1. 31, M · texte numérisé non relu

Contra Gaudeniium, 1. 31, M

sion «. Et saint Augustin tenait le langage suivant : « L'Apôtre Pierre qui a été proclamé bienheureux parle Seigneur... ettjui a mérité de recevoir les clefs du royaume des cieux, n'a plus droit à notre imitation, quand il s'entend apostropher ainsi : Retire-toi, Satan. ^^ »

En même temps qu'ils apportèrent les déclarations patristiques qu'on vient de lire, les théologiens catholiques se firent un devoir d'expliquer les textes qui semblaient patronner les protestants et ils leur donnèrent un sens orthodoxe. Déjà Eckius V Cajetan- et Pighi ^, Sander '* et Stapleton-^ firent quelques pas dans cette voie ; mais Bellarmin compléta leur travail en l'utilisant. Ce qui importait avant tout, c'était d'arracher saint Augustin aux mains des adversaires. L'auteur des Cojitî'overses le comprit et il consacra presque tous ses efforts à la défense de l'évêque d'Hippone^. Il commença par faire observer que, dans la pensée de saint Augustin, le rôle symbolique de Pierre se surajoutait, mais ne se substituait pas à son rôle historique et que, tout en représentant l'Eglise, le prince des apôtres n'en avait pas moins reçu les clefs. Il expliqua, en second lieu, que, sous la plume du grand docteur africain, la formule : les clefs ont été données à l'Eglise en la personne de Pierre, signifiait : les clefs ont été données à Pierre pour l'utilité de l'Église. « Et la preuve, dit-il, que tel est bien le sens de l'expression en litige et des autres formules du même genre, c'est que saint Augustin ne présente jamais Pierre comme la figure de l'Eglise, sans ajouter qu'il la figurait à cause de sa primauté. « Une troisième explication consista à dire que

\. De priïïialu Pelri adversiis Ludderum, 9. Il explique les textes embarrassants d'Augustin par cette double considération que les pouvoirs ont été confiés à Pierre « pour l'utilité de l'Église » et que Pierre représentait l'Église en tant qu'il était son clief.

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