‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 157 sur 371 · Ilierarchiae ecclesiasticae assertlo, 3. 4, p · texte numérisé non relu

Ilierarchiae ecclesiasticae assertlo, 3. 4, p

4. De visibili monarch'ia Ecclesiae, IV. 4. p. 139 discute les textes d'Augustin dans le sens d'Eckius.

5. Principiorum fidei doctrinalium demonstratio, VI. 0, p. -213 et VI. 7, p. 215.

0. De romano ponllfice, I. 12. Bellarmin s'inspire de Stapicton. Voir Principiorum... VI. G, fin.

saint Pierre ayant reçu le pouvoir des clefs, non pas pour le garder, mais pour le communiquer aux évêques et aux prêtres, était vraiment le type de l'Eglise quand la parole tibi dabo claçes lui fut adressée, et que, par suite, saint Augustin avait pu légitimement lui donner ce nom. Ici Bellarmin signala la mauvaise foi de Calvin qui avait cité le texte : « Si ceci a été dit à Pierre seul [Petro tantiim]^ l'Église n'a rien reçu », en supprimant la particule « seul » [tantum). « Calvin, dit-il, a voulu nous faire croire que saint Augustin considérait Pierre exclusivement comme le type de l'Église. Or, Augustin n'a pas écrit : Si ceci a été dit à Pierre, mais : Si ceci a été dit à Pierre seul. Le sens de ce texte est donc : Si la parole : tibi dabo claires a été adressée à Pierre seul, en sorte qu'il ait été seul à recevoir le pouvoir de lier et de délier, il s'ensuit que le reste de l'Église, c'est-à-dire les autres ministres, n'ont pas ce pouvoir '. »

Telles furent les considérations auxquelles recourut Bellarmin pour concilier avec l'orthodoxie l'interprétation augustinienne du tibi dabo claçes. On a déjà dit que les autres Pères l'arrêtèrent moins longtemps. De simples rapprochements de textes lui suffirent à justifier plusieurs d'entre eux. Il expliqua, par exemple, que saint Hilaire qui, dans un endroit, avait attribué à tous les apôtres la promesse des clefs, l'avait appliquée à saint Pierre en personne dans ce passage de son Commentaire sur saint Matthieu : « O bienheureux portier du ciel, à qui les clefs de la patrie éternelle ont été confiées ^ !» Il signala le même fait dans saint Léon^. Quant à saint Cyprien et à saint Jérôme, Bellarmin fit observer que ces docteurs avaient attesté hautement la primauté de saint Pierre, et que cette attestation devait servir à interpréter celles de leurs expressions qui étaient ambiguës.

Cependant, bien loin de se rendre aux démonstrations des controversistes, l'opposition revint à la charge et prit des atti-

1. Le mot « seul » se lit dans le texte de Calvin de l'édition de Lyon, 1565 (p. 511) antérieure de trente ans aux Controverses.

•2. In Mailh., 16. 7, M. 9. 1010.

3. Serm. 4. 2, M. 54. 150 : « ...et si quid cum eo commune caeteris voluit esse principibus, nunquam nisi per ii^sum dédit quidquid aliis non negavit ».

ludes plus menaçantes. Richard Marc-Antoine^, Launoi^ et Dupin '' fouillèrent de nouveau la Tradition et prétendirent que la promesse des clefs n'avait pas été comprise par les Pères comme la comprenaient les partisans de la monarchie pontificale. Launoi se documenta plus abondamment que tous ses prédécesseurs : de tous les assauts patristiques que le texte tibi dabo clai'es a eu à soutenir, le plus redoutable lui a été livré par la Letli'e à Vallantius. La liste des témoins que Launoi a appelés à déposer s'ouvre avec Tertullien et se termine sur le nom d'Ockam. Elle comprend soixante-dix noms; mais les attestations qu'on y lit dépassent la centaine, car le même docteur dépose souvent plusieurs fois. Saint Augustin, à lui seul, fournit vingt-six textes. Tous ces témoignages, qui sont mis sous nos yeux, sont censés enseigner que le pouvoir des clefs a été confié en réalité à l'Eglise et que saint Pierre Ta reçu uniquement comme type de l'Église. C'est, nous dit-on, la conclusion qui se dégage, par exemple, de ce texte de Tertullien : « Souviens-toi que le Seigneur a confié les clefs à Pierre et, par lui, à l'Eglise;^ » ; de cet autre de saint Optât : « Pierre a seul reçu les clefs du royaume des cieux, pour les communiquer aux autres ^ » ; de ce troisième de saint Fulgence : « La pénitence n'est utile au pécheur que si elle est faite dans l'Eglise catholique à laquelle Dieu a confié, dans la personne de Pierre, le pouvoir de lier et de délier... Quiconque est hors de cette Eglise qui a reçu les clefs du royaume des cieux, n'est pas sur le chemin du ciel '^ » ; et surtout des nombreux endroits où saint Augustin tient le même langage. Launoi transcrivit les vingt-six textes de ce saint docteur dont les principaux nous sont déjà connus*'.

1. De eccleslaslica et politica polestate, ■^: Dcfenaio libelli. lil». "i. caj». 1, n. :3S ot cap. 5.

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