‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 159 sur 371 · Pro mcra monarchia · texte numérisé non relu

Pro mcra monarchia

3. Gregorii VII dictalus, can. 19, art. 4, Venise, 1725, tome 5, p. 289.

4. Anliquîtas Eccleslae, tome 2, diss. 2, cap. 6, art. 2, p. 129. — La dissertation de Noël Alexandre, Hist. eccl. in saec. 1 diss. 4, § 1 et 3 est méthodique, mais ne contient rien de nouveau. Le même auteur a donne une dissertation opposée dans son Histoire du quinzième siècle : In saec xv® et x\f, diss. 4, art. 1, S 3.

mêmes. Le premier est tiré du Scorpiace (Souviens-toi...;. Qui ne voit que, d'après ce texte, les clefs ont été confiées immédiatement à Pierre et seulement par son intermédiaire à l'Eglise? Launoi cite aussi un passage du De pudicitia. Mais, dans cet endroit, Tertullien, devenu montaniste, enseigne que la clef a été le privilège personnel de Pierre, privilège qui n'a pas passé aux évoques. Ce texte, lui non plus, n'est donc pas ad rem... Optât croit si bien que les clefs ont été confiées immédiatement à Pierre et non à l'Eglise, qu'il dit : communicandas caeteris soltis accepit. » Ici Lupus aborde les textes de saint Augustin et, après s'être répandu en de laborieuses et filandreuses considérations, il dépose les conclusions suivantes : « Il est clair que saint Augustin, quand il dit que les clefs du royaume des cieux et le pouvoir de remettre les péchés ont été confiés, non pas à Pierre seul, mais à toute l'Eglise représentée par lui, n'a eu en vue ni les clefs hiérarchiques, ni le pouvoir sacerdotal, ni la juridiction sacerdotale. Autrement, on ferait de lui un donatiste et un wicléfiste... Dans la plupart des textes allégués, Augustin parle des clefs que les évoques ne possèdent pas, que le pape lui-même peut ne pas posséder et que fréquemment les laïques, les femmes et les enfants possèdent. Il parle de la clef fraternelle qui, par la communion des saints, opère dans chacun pour donner et recevoir la justice dans les sacrements, et par l'opération de laquelle les âmes justes sont, selon lui, non seulement les frères et les sœurs, mais les mères du Christ. Par les sacrements, en efTet, elles enfantent des frères et des sœurs. C'est pour la réception de cette bénédiction que Pierre a représenté l'Eglise des justes. Donc ces textes d'Augustin ne font rien à la question. » Finalement nous apprenons que l'évêque d'Hippone a eu tort d'attribuer aux justes les clefs du royaume des cieux et qu'il a donné à ces clefs un sens qu'elles n'ont pas dans la pensée de Notre-Seigneur.

On le voit. Lupus a renoncé à utiliser les explications que, depuis Eckius, les apologistes se transmettaient au sujet des textes de saint Augustin; il a reconnu que, dans la plupart des textes allégués par les protestants et leurs amis, le docteur d'Hippone avait étendu à tous les justes le pouvoir des clefs. Sans doute il a expliqué que ce pouvoir n'impliquait aucune

juridiction. Mais ne faisait-il pas néanmoins une concession dangereuse aux protestants? Schelstrate le crut. Quand il entreprit à son tour de réfuter Launoi, il fit plusieurs emprunts à Lupus; mais il se garda bien de s'approprier ses vues sur les textes augustiniens et il s'en tint aux: solutions de Bellarmin.

Les dissertations de Lupus et de Schelstrate sont les deux derniers travaux de quelque importance entrepris sur le terrain patristique pour maintenir à la primauté de saint Pierre l'appui du texte : Tibi dabo claçes. En descendant plus bas, nous ne rencontrerious que des résumés de Bellarmin sur lesquels il serait inutile de nous arrêter^. Du reste, nous assistons au même spectacle dans le camp opposé. On y utilise les recherches de Marc- Antoine et de Launoi, sans même avoir l'idée de les compléter ''^.

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