In Malth., hom. 77. G, M
2. Ce sont : / Pétri, 5. 2 : « Pascite qui in vobis est gregem Dei » où tous les ministres sont appelés pasteurs ; la lettre du clergé de Rome au clergé de Carthage (parmi les lettres de saint Cyprien, ep. 8, Hartel, 1. 485) où les prêtres de Rome s'attribuent à eux et à leurs collègues africains la mission de veiller sur le troupeau du Christ; le De dignitate sacerdotali,2; M. 17. 570, qui passait de son temps pour être l'œuvre de saint Ambroise; le De sacerdotio,2, 1. M. 47. 632 de saint Chrysostome, etc. — Marc-Antoine, Dupin, Fébronius objectent un texte de saint Basile, Constit. monasl. 22. 5, où nous lisons que le pasce donne à tous les pasteurs et à tous les docteurs le même pouvoir qu'à Pierre. Launoi ne cite pas ici ce texte qu'il mentionne ailleurs {ep. 2. 5).
3. Anllquitas Ecclesiae, tome 2, diss. 2, cap. 6, art. 3, p. 139.
4. Ep. 5. 20, M. 77. 745. Bellarmin, 1. 16, mentionne ce texte sans le mettre en lumière.
papes, il trouva chez les Pères deux textes qui contenaient autre chose que des généralités. Le premier, extrait des œuvres de saint Eucher, était formulé ainsi : « Le Seigneur confie d'abord (à Pierre) les agneaux, puis les brebis, parce qu'il l'établit non seulement pasteur, mais pasteur des pasteurs. Pierre paît les agneaux: il paît aussi, les brebis. Il paît les fils; il paît aussi les mères. Il paît les sujets et les prélats. Il est le pasteur de tous, parce qu'en dehors des agneaux et des brebis, il n'y arien dans l'Eglise. ^ » Le second, tiré des lettres de saint Isidore, disait : « Après la résurrection du Fils de Dieu, il fut dit à Pierre : Pais mes agneaux. Sous le nom d'agneaux, ce sont les prélats des églises qui sont notés. Son pouvoir, bien qu'il ait été communiqué à tous les évêques, a passé d'une manière plus spéciale au pontife romain^. » Malheureusement, on sut plus tard que le prétendu texte de saint Eucher avait été écrit au douzième siècle par Bruno d'Asti, et que la lettre attribuée à saint Isidore était à peu près de la même époque.
Après avoir rapporté des attestations patristiques de pasce^ favorables à la primauté de saint Pierre, Schelstrate résolut les objections des adversaires. Il exposa brièvement que les docteurs de l'Eglise, qui présentaient parfois les évêques comme les héritiers de la parole pasce o^>es, n'entendaient pas par là porter préjudice à la primauté de saint Pierre. Il ajouta que telle était bien la pensée de saint Augustin et que l'évêque d'Hippone n'avait jamais songé à contester les prérogatives du prince des apôtres. Il se contenta du reste de cette sommaire assertion et il crut qu'il était inutile de rien faire pour la justifier.
Bellarmin et Schelstrate furent les deux mines où s'approvisionnèrent tous ceux qui voulurent défendre sur le terrain patristique le texte pasce o^es. On leur emprunta notamment les textes de pseudo-Eucher, de saint Ambroise et de saint Bernard. Mais ces deux derniers furent d'ordinaire rapportés plus longuement que ne l'avait fait Bellarmin. Le témoignage de
1. l-JuuNO d'Asti, lioniil. 92, tiréo du coinmciitairo in Joannem, 21, 55 M. 165, (iOO.
•2. Ep. 8, M. cS3. î>08. Arovaliis, tout ou essayaut tlo la défondre. avouo qu'elle est douteuse {Isidoriana, 2. 71. 32, M. 83. 513).
Tévêque de Milan est souvent cité sous la forme suivante : « Avant de monter au ciel, le Christ laissa (Pierre) comme le vicaire de son amour... Parce que Pierre est seul à faire profession, il est mis au-dessus de tous... Le Seigneur l'interroge une troisième fois... et il lui ordonne de paître, non plus les agneaux à la mamelle, comme la première fois, ni les petites brebis comme la seconde fois, mais les brebis, de sorte que, étant plus parfait, il eut à gouverner les plus parfaits. » Quant au texte de saint Bernard, il se présente parfois avec ce supplément : « Le Christ a dit : mes brebis. Comment ne pas voir qu'il les lui a toutes assignées, et que là où ne se trouve aucune distinction, il n'y a non plus aucune exception? » Ces légères additions furent à peu près les seules que l'on fit aux listes fournies par les deux controversistes qui viennent d'être nommés. Tout au plus rencontre-t-on çà et là un ou deux textes nouveaux. Pour ne prendre qu'un exemple, Ballérini' fait appel au témoignage suivant de saint Augustin ^ : « Le Christ s'est servi de Pierre pour symboliser l'unité. Il y avait plusieurs apôtres, et c'est à un seul qu'il est dit : Pais mes brebis. »