‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 179 sur 371 · OBJECTIONS SCRIPTURAIRES · texte numérisé non relu

OBJECTIONS SCRIPTURAIRES

nuèrent de prendre au sérieux les objections qui ont été rapportées plus haut. Toutefois plusieurs parmi eux ne laissèrent pas d'être impressionnés par les nombreux passages du Nouveau Testament qui mettent saint Pierre à la tête du collège apostolique. Dupin^ etFébronius^, qui refusaient de suivre les théologiens dans leurs déductions sur \apetra, le tibi daho claies, le pasce os^es et le roga^ipro te, reconnurent que saint Pierre avait reçu de son divin maître la primauté sur les autres apôtres. Mais la primauté telle qu'ils la concevaient était une simple préséance ne comportant aucune juridiction, mais donnant seulement à son titulaire le droit de représenter le collège apostolique et de prendre la parole au nom de tous, ainsi que d'autres prérogatives analogues.

Ici se présenta un problème d'interprétation patristique. Pierre occupait dans tout le Nouveau Testament une place à part : ce fait était attesté par des textes trop clairs pour pouvoir être sérieusement nié. Mais les Pères, tout en admettant la prééminence de saint Pierre, n'en avaient-ils pas donné une explication qui lui en enlevait toute portée? Cette question, effleurée par Sander fut traitée à fond par Becan ^ et Coeffeteau '• dans leur réponse à Marc-Antoine de Dominis. Marc-Antoine prétendait que, selon les Pères, toutes les prérogatives attribuées à saint Pierre dans le Nouveau Testament se réduisaient à une priorité d'âge ou de vocation, ou encore à un amour particulier pour le Christ. Et à l'appui de son assertion, il citait, les textes suivants : « Ce privilège fut accordé à Tàge. Pierre qui était le plus vieux fut choisi (et non Jean qui était vierge), parce qu'il ne convenait pas qu'un adolescent à peine sorti de l'enfance passât avant des hommes avancés en âge » ^ ; « La réponse de Pierre exprime la foi de tous. Mais il convenait que Pierre fût le premier à répondre, parce que la réponse devait être le privilège de la préséance, et que celui qui devançait les

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