‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 18 sur 371 · THÈSE DE STAPLETON · texte numérisé non relu

THÈSE DE STAPLETON

n'écouter les prêtres que lorsque leurs enseignements sont conformes à la loi du Seigneur '. Ils oublient que les traditions non écrites constituent la parole de Dieu au même titre que l'Écriture, et que, prêcher les traditions, c'est observer la loi du Seigneur qui a voulu que ses enseignements nous fussent transmis sous la forme écrite et sous la forme orale. Ils objectent que Papias a accrédité le millénarisme dans l'Église, au point de séduire plusieurs docteurs, en présentant cette fable comme une tradition apostolique. Ils ajoutent que saint Irénée, en déclarant tenir des apôtres que le Christ est mort à l'âge de quarante ans, a abrité, lui aussi, l'erreur sous le manteau des traditions apostoliques. Ces objections prouvent que l'on a parfois abusé des traditions apostoliques. Mais de quoi n'abuse-t-on pas? Kst-ce que l'Ecriture n'a pas été souvent indignement exploitée? L'abus ne doit pas faire supprimer l'usage et l'on ne doit pas plus contester l'autorité des traditions que celle de rKcriture à cause des excès dont les traditions et l'Écriture ont été le prétexte.

Telle est. dans ses points essentiels, la thèse que Melchior Cano a élevée en l'honneur des traditions apostoliques. Quelques années plus tard, Stapleton l'utilisa et l'enrichit de nouveaux développements^. Il tira notamment un parti ingénieux de l'histoire des hérésies. Il s'attacha à démontrer que, de tout temps, les hérétiques avaient affecté de s'en tenir à l'Écriture et que les Pères avaient hautement revendiqué pour la foi catholique le droit de puiser dans le trésor des traditions. Les ariens objectaient qu'on mettait en circulation des formules étrangères à l'Écriture. Athanase leur répondit qu'ils employaient eux-mêmes, pour parler du Sauveur, une foule d'expressions inconnues aux Livres saints, et donc qu'ils n'avaient pas le droit d'accuser les Pères "^. Augustin opposa le même argument aux ariens Maximin et Pascentius '. Les eunomiens trai-

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