‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 188 sur 371 · Pro sacra 7nonarcliia · texte numérisé non relu

Pro sacra 7nonarcliia

ATTESTATIONS PATRISTIQUES. 215

porte-parole des apôtres. Or comment l'archevêque de Spalatro expliquera-t-il cette prérogative, sinon parce que Pierre était, selon le mot de Chrysostome, le chef et le coryphée des apôtres?... Notre extravagant raisonneur prétend que l'endroit de saint Grégoire de Nazianze où nous lisons que les fondements de l'Eglise furent confiés à la foi de Pierre, n'est pas un obstacle à l'égalité des apôtres. Comment ne pas voir que le bon sens lui fait défaut? D'ailleurs Grégoire loue la modestie des autres disciples qui ont consenti au privilège de Pierre. Mais quelle modestie ont-ils pu avoir, si Pierre n'a rien reçu de particulier?... De même, là où Epiphane dit que Pierre fut choisi pour être le chef des disciples, l'archevêque de Spalatro, toujours en délire, prétend que ce titre de chef doit être entendu d'une préséance sans juridiction que possédait Pierre en vertu de sa priorité d'âge et d'élection. Or, il a reproché plus haut à saint Epiphane d'avoir fait d'André l'aîné de Pierre. A-t-il donc oublié ce reproche?... » Et il continua sur ce ton la critique de Marc- Antoine qui était la défense de Bellarmin. Chemin faisant, il enrichit de quelques unités la liste des attestations patristiques de la primauté de Pierre. Il cita, par exemple, cette maxime extraite des lettres de saint Augustin K « Pierre, le chef des apôtres, le portier du ciel, le fondement de l'Église , » maxime attribuée par saint Augustin à un théologien romain (inconnu) et qui, par conséquent, n'était pas l'expression de la pensée de l'évêque d'Hippone, mais qui était du moins l'écho de la théologie romaine. Quand il eut achevé sa réfutation, il apporta une longue liste de formules patristiques où la prééminence de saint Pierre était proclamée et qui, presque toutes, ont déjà passé sous nos yeux dans la discussion patristique du super hanc petram, du tibi daho claves et du pasce oçes. Un demi-siècle plus tard, Launoi ^ prouva que la démonstration patristique de la primauté de saint Pierre présentée par saint Thomas, dans son opuscule Contra errores graecorum^ reposait sur une mystification et que le texte de saint Cyrille, emprunté par Bellarmin au livre du docteur angélique était

Page 1