De visibili monarcliia Ecclesiae, G. 1, p. 11) I
1. Principiorum fidei doclrinaiium demonstratio, YI. 7, p. 216
OBJECTIONS PATRISTIQUES. 217
exprimaient exactement la nature du pouvoir apostolique. 11 souligna, du reste, avec soin la suite du texte de Févêque de Cartilage : sed exordium ah unitate proficiscitiw et primatus Petto datui\ où la prééminence de saint Pierre sur les autres apôtres était nettement accentuée. Les mêmes observations lui servirent à expliquer les paroles de saint Jérôme dans lesquelles il releva aussi les mots : ut capite constituto. Quant au spectacle qu'offraient certaines médailles, Bellarmin en présenta plusieurs solutions '. Il fit d'abord observer que, dans l'antiquité, l'inférieur marchait souvent à la droite du supérieur en le précédant un peu, et qu'on avait pu, par conséquent, donner la droite à saint Paul pour indiquer qu'il marchait devant saint Pierre et lui préparait la voie. Puis, passant à un autre ordre d'idées, il rappela que saint Paul l'avait emporté sur saint Pierre sous le rapport de l'activité littéraire et des labeurs del'évangélisation. Et cette constatation l'amena à conjecturer que l'Église, qui met, dans sa vénération, plusieurs papes cano nisés au-dessous de simples prêtres comme saint Jérôme et saint Thomas, au-dessous même de certains saints non honorés du sacerdoce, cette remarque, dis-je, l'amena à conjecturer que l'Église avait pu saluer en saint Paul des mérites supérieurs aux mérites de saint Pierre.
En somme, le problème patristique des rapports de saint Pierre et de saint Paul ne souleva pas de graves difficultés, et Dupin ^ lui-même avoua qu'aucun des titres accordés à Paul ne s'opposait à la primauté de Pierre. Le texte de saint Cyprien ne se laissa pas résoudre aussi facilement. Nous venons de voir que Stapleton avait su tirer parti du membre de phrase : primatus Petro datur^ qui corrige en effet assez bien le hoc erant utique et caeteri apostoli quod fuit Petrus. Mais, de bonne heure, l'authenticité de ces mots fut discutée. Marc-Antoine déclara sans hésitation qu'ils étaient étrangers au texte primitif. Coeffeteau les défendit. Les critiques se rangèrent généralement du côté de Marc et rejetèrent le primatus Petro datur. Les théologiens, au contraire, crurent devoir le garder.