‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 195 sur 371 · LA PERPÉTUITÉ DE LA PRLMAUTE DE SAINT PIERRE · texte numérisé non relu

LA PERPÉTUITÉ DE LA PRLMAUTE DE SAINT PIERRE

de la permanence de la primauté. L'auteur du De visihili monarchia^ ici comme toujours, manqua de netteté et de précision. Stapleton procéda avec plus de méthode. Il apporta, en faveur de la permanence, huit arguments dont plusieurs, il est vrai, relevaient plutôt de la philosophie ou, si l'on veut, de l'analogie que de la théologie positive. On doit mentionner cependant l'appui que lui fournit le texte : super hanc petratn qui a établi saint Pierre fondement de l'Eglise. Stapleton fit observer que le fondement d'une maison doit durer nécessairement autant que la maison elle-même, et que, par conséquent, la primauté de saint Pierre était une institution perpétuelle. Du reste, à l'exemple de Cajetan, il demanda sa preuve principale kpasce oç>es. « Pierre, dit-il, a été établi par le Christ pasteur de toutes les brebis. Or le pasteur est le chef ordinaire (c'està-dire permanent) de la bergerie, le chef sans lequel la bergerie ne saurait subsister. Certaines autres fonctions ont eu un caractère extraordinaire et exceptionnel : elles étaient instituées pour un temps, elles ne devaient pas durer toujours. Tels les apôtres, les prophètes, lesévangélistes, les docteurs... Mais, puisque l'Eglise est une bergerie, elle ne peut se passer d'un pasteur, elle doit toujours en avoir un à sa tête. »

Après Stapleton, on se contenta généralement de démontrer la permanence de la primauté de saint Pierre par les faits, c'est-à-dire par les attestations patristiques de la primauté du pape et on abandonna comme superflue la preuve scripturaire qui établissait le droit. D'ailleurs les très rares théologiens qui firent exception à cette règle n'apportèrent aucune considération nouvelle et leurs travaux n'ont aucun titre à retenir notre attention '.

1. Voir C\KO, De lacis lheologicis,i\. 3, prop. ;>. 11 emprunte à Cajetan l'argument tin» du Pasce oves, à saint Bernard un arj;ument tirt» de l'Exode; il s'embai'que ensuite dans une lonizue dissertation dont le point de départ est l'c-tablissement par Dieu d'un triljunal suprême dans la Loi ancienne. Reu-ailmin, De romano poniifice, 2. 12, utilise Cajetan, Stapleton et Cano.

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