De verbo Dei
THÈSE DE BELLAKMIN. 11
sacrés considérés à part est incomplet : les protestants euxmêmes en conviennent. Les livres sacrés réunis tous ensemble seront-ils complets? Peut-être, si nous les avions tous. Mais saint Chrysostome nous apprend que plusieurs livres de l'Ancien Testament ont péri. Quant au Nouveau Testament, il nous manque Tépître écrite par saint Paul aux Laodicéens. Peutêtre même saint Paul a-t-il écrit aux Corinthiens une troisième épître qui ne nous est pas parvenue.
D'ailleurs l'histoire nous apprend que les différents livres qui composent le Nouveau Testament ont été écrits, non pas pour exposer didactiquement la doctrine chrétienne, m.ais pour répondre à des circonstances spéciales, à des situations particulières. D'où il résulte que la prédication entrait seule dans le plan primitif des apôtres. Dans ces conditions, on ne doit guère s'attendre à trouver dans les écrits apostoliques toute la révélation du Sauveur.
En effet, elle n'y est pas toute. Combien y a-t-il d'évangiles canoniques? Combien y a-t-il de livres inspirés et quels sontils? Voilà autant de questions auxquelles l'Écriture ne répond pas et que la tradition est seule en état de résoudre. Telle était, du reste, la croyance des Pères. Sérapion, d'après le témoignage d'Eusèbe, rejeta VÉ^angile de Pierre au nom de la tradition qui lui avait appris que Pierre n'avait écrit aucun évangile K Clément d'Alexandrie s'appuie sur la tradition, des anciens pour fixer le chiffre des évangiles '^. Origène dit : « J'ai appris par la tradition que les évangiles sont au nombre de quatre ^ ». Saint Basile enseigne que le rejet des traditions porterait à l'Evangile lui-même un grave préjudice''. Et saint Augustin déclare qu'il ne croirait pas à l'Évangile vsi l'Église n était là pour lui apprendre qu'il doit y croire ^. C'est en vain que Calvin nous objecte le texte de saint Paul : Super fundamentum apostolorum etprophetarum. Comme si l'apôtre voulait