De Spirilu sancto, &}, M. 32. IS
5. Contra epistolam Manichaei, 6, M. 42.176. Voir Histoire de la théologie positive, 1. 12.
dire par ces paroles que l'Eglise est fondée sur l'Ecriture ! Saint Paul dit que nous avons pour fondement, non pas les écrits des apôtres et des prophètes, mais bien les apôtres et les prophètes eux-mêmes. Or ces saints personnages ne se sont pas bornés à écrire; ils ont aussi enseigné. Et c'est par leur parole que nous savons qu'ils ont écrit.
Il y a encore d'autres dogmes sur lesquels l'I^^criture n'offre aucun renseignement. L'h^glise, par exemple, a toujours enseigné la virginité perpétuelle de Marie. Or l'Ecriture se tait sur ce point. L'Église a déclaré hérétiques les quartodécimans. Or l'Ecriture ne fixe nulle part le jour de la célébration de Pâques. Luthériens et Calvinistes s'accordent à admettre avec les catholiques que le baptême des enfants est valide. Or ils ne peuvent justifier leur croyance sur ce point par l'Ecriture. Les Luthériens sont même d'autant plus embarrassés ici que, selon eux, le baptême exige, pour être valide, la foi actuelle. Luther croit au purgatoire. Et pourtant il reconnaît que le purgatoire ne peut être prouvé par les saintes lettres. Tous les protestants posent en principe que la parole de Dieu est toute dans ri'>riture. Or ils sont incapables de justifier ce principe par l'I^^criture ; car dans le texte du Dentéronome ^ : Non addetis ad verbum quod i'obis loqaory qu'ils allèguent, Moïse défend d'ajouter quoi que ce soit, non pas à l'Écriture, mais à son enseignement oral, ad {>erhum quod ^>obis loquor. Enfin, quand même tous les dogmes seraient dans l'Ecriture, celle-ci n'en resterait pas moins insuffisante, attendu qu'elle est souvent obscure et qu'elle a besoin d'être interprétée. On peut, par exemple, déduire des saintes lettres l'égalité des personnes divines, le Filioque, le péché originel, la descente du Christ aux enfers. On peut, dis-je, déduire ces dogmes et d'autres encore de l'Écriture. Mais ce travail de déduction ne va pas sans quelque difficulté. Et si l'on est réduit à l'Écriture, on ne pourra jamais échapper aux chicanes des adversaires.
Deuxième principe^. Il y a de vraies traditions. Ce se-