Denzinger, Enchiridion, n
232 LA PRIMAUTÉ DE l'ÉvÊQUE DE ROME.
Nicée. Que veut dire la formule finale : « quoniam quidem et episcopo romano parilis mos est ? Rufin la traduit : L'évêque d'Alexandrie gardera sa juridiction sur Fl^gypte, tout comme l'évêque de Rome sa juridiction sur les églises suburbicaires K Théodore Balsamon et Nil ont interprété : tout comme l'évêque de Rome a autorité sur tout l'Occident. Bellarmin objecte que ces deux explications n'ont dans le texte aucun appui et qu'elles sont d'ailleurs invraisemblables, attendu qu'elles établissent un lien absolument artificiel entre la juridiction exercée par l'évêque de Rome et celle qui est réclamée par le concile pour l'évêque d'Alexandrie. Il conclut que l'on doit traduire : L'évêque d'Alexandrie gardera sa juridiction sur l'Egypte, parce que l'évêque de Rome a coutume de la lui reconnaître. 11 fait observer que cette interprétation, qui met en lumière la primauté de l'évêque de Rome, a été soutenue dès le neuvième siècle par le pape Nicolas ^ dans sa lettre à Michel. Il note également que le texte du sixième canon de Nicée donné par les éditions imprimées est tronqué, et que le texte complet est celui qui fut lu au concile de Chalcédoine, par le légat du pape, en ces termes : « L'Eglise romaine a toujours eu la primauté. On doit rester fidèle à l'ancienne coutume^... »
Après les conciles, c'est au tour des papes de venir attester la primauté qui est la leur''. Ils se présentent en foule pour déposer ; mais les protestants récusent la plupart de ces dépositions, sous prétexte qu'elles sont consignées dans des dé-
1. Voici le texte de Rudn, Hisl. eccL, I. G. M. 21 473 : « Et ut apud Alexandriam et in urbe Roma vetusta consuetudo servetur ut vel ille Egypti vel hic suburbicariarum ecclesiarum sollicitndineni gerat. »
2. Ep. ad Michaëlem imperalorem, 86, M. 119. 950. Nicolas déclare que le sixième canon de Nicée n'a procuré aucun accroissement, mais (|ue « potius ex ejus forma quod alexandrinae ecclesiae tribueret particulariter, sumpsit exemplum ».
3. En effet, dans la seizième session de Chalcédoine, le légat romain Paschasinus présenta son exemplaire des canons de Nicée où le sixième canon était rédigé en ces termes : « Quod Ecclesia romana semper habuit primatum; teneat autem et ^Egyptus... » Les anciennes versions latines donnent généralement le même texte, mais sans la particule fjuud. Voir IIefele, Histoire des conciles, tr. fr. 3. 137.