De romano pontifice
crétales apocryphes — ce sont celles des papes des trois premiers siècles — ou bien parce que leurs auteurs étaient des incarnations de l'Antéchrist — ce sont celles des papes postérieurs à saint Grégoire. Bellarmin proteste : 11 déclare que les décrétales pontificales des trois premiers siècles, si elles ne méritent pas une confiance absolue, sont du moins plus anciennes que ne le veulent les protestants, il s'élève surtout avec force contre l'assertion impie qui transforme tous les papes depuis saint Grégoire en suppôts de Satan. Toutefois, pour mieux atteindre ses adversaires , il descend sur leur terrain et il n'appelle à témoigner que les papes du troisième au sixième siècle.
Nous entendons d'abord saint Jules dire aux Orientaux au sujet de saint Athanase : « Ignorez-vous que la coutume est de nous écrire pour qu'une décision soit portée en toute justice ? Si quelque soupçon venait à s'élever là-bas contre un évêque, vous deviez en référer à notre église... Ce que je vous dis. c'est ce que nous avons reçu de l'apôtre Pierre \ » Ensuite vient Damase, qui écrit aux Orientaux : « En accordant au siège apostolique le respect qui lui est dû, vous avez agi dans votre intérêt-. » Le même pape écrit encore aux évoques de Numidie : « Dans les affaires douteuses, n'omettez pas, selon la coutume, de nous en écrire à nous qui sommes la tète^. » Sirice parle en ces termes à l'évêque espagnol Himère : « Nous portons sur nos épaules tous les fardeaux, ou plutôt c'est le bienheureux apôtre Pierre qui les porte, lui qui nous défend et nous protège en toutes choses, puisque
1. Episl. ad Aniioclienos, 22, 31. 8. 905. Voici le passage : « Oportuit omnibus nobis scripsisse, ut ita ab omnibus quod justum esset decerneretur. Episcopi enim erant qui patiebantur, nec vulgares Ecclesiae, sed quas ipsi apostoli per se gubernàrunt. Cur auteni de alexandrina potissimum ecclesia nihil nobis scriptum est? An ignoratis hanc esse çonsuetudinem ut primum nobis scribatur et hinc quod justum est decernatur? Sane si qua hujusniodi suspicio in illius urbis episcopum cadobat, ad liane ecclesiam scribendum fuit... Xam quae accepimus a beato Petro apostolo, ea vobis significo, non scripturus tamen quod nota apud omnes ea existimem, nisi quae gesta sunt nos conturbassent. » Bellarmin commence à an ignoratis.