De verbo Dci
cond principe est comme le corollaire du précédent et, à ce titre seul, il devrait être admis. Si, en effet, l'Écriture est incomplète et insuffisante, une parole non écrite a été nécessaire. Et si elle a été nécessaire, Dieu l'a donnée : autrement il n'eût pas pourvu à tous les besoins de son Eglise. D'ailleurs ceci est prouvé par l'Ecriture, par les pontifes et les conciles, par les Pères, et aussi par l'attitude des hérétiques.
L'Ecriture atteste l'existence des traditions dans quatre groupes de textes. Ce sont, en premier lieu, les textes de saint Jean : Multa habeo vohis dicere sed non potestis portare modo. — Siint autem et alia multa quae fecit Jésus, quae si scrihentur per singula, nec ipsum arhitror mundum capere posse eos qui scrihendi sunt libi^os. — Multa habens scj^ibere vobis, nolui per chartam et atramentum\ Ce dernier texte prouve que saint Jean a dit à ses disciples et, par ses disciples à l'Eglise, beaucoup de choses qui n'ont pas été écrites. C'est, en second lieu, le texte de la Première épître aux Corinthiens où saint Paul, traitant de la manière dont il faut prier et recevoir l'Eucharistie, dit : Laudo ços quod per omnia mei memores estis, et sicut tradidi çobis, praecepta mea tenetis^. Saint Chrysostome^, saint Epiphane '', saint Basile.^, saint Jean Damascène^, Théophylacte ^ observent que les préceptes auxquels l'apôtre fait ici allusion n'ont pas été écrits. C^est, en troisième lieu, le texte de la Seconde épître aux Thessaloniciens : Raque, fratres, tenete traditiones quas accepistisy sive per sermonem sive per epistolam nostram ^ . 1*^ Les protestants prétendent, il est vrai, que l'apôtre a fixé plus tard par écrit les traditions qu'il mentionne ici, et que, en somme, saint Paul n'a rien prêché qui ne soit écrit quelque part dans le Nouveau Testament. Mais cette assertion trouve sa réfutation dans l'endroit — voisin du texte précédent —