De romano ponli/icc
faire impression sur eux, car ils devaient se dire que les Pères n'auraient pas autorisé rexercice du droit d'appel s'ils l'avaient cru nuisible au bon ordre. Et voilà ce qui légitime la conduite de Zosime. Reste à expliquer pourquoi ce pape a mis sur le compte de Nicée des ordonnances qui ont été portées à Sardique. Bellarmin s'attache d'abord à prouver que plusieurs des règlements promulgués à Nicée n'ont pas été consignés sur la liste des canons de ce concile et, par suite, que les lois alléguées par Zosime peuvent être du nombre de celles qui n'ont pas été recueillies. Puis il reconnaît lui-même que ce moyen de défense est fort précaire. Il finit par répondre que, dans les archives romaines, les actes du concile de Sardique étaient annexés aux actes du concile de Nicée et que le pape a, de bonne foi, attribué à celui-ci ce qui appartenait à celuilà. Il ajoute que cette erreur ne tire pas à conséquence, attendu que le concile de Sardique était tout aussi légitime et universel que celui de Nicée. « Ce n'est pas une plus grande erreur de citer Nicée pour Sardique, dit-il, que de citer Matthieu pour Jean ou encore Jérémie pour Zacharie, comme a fait saint Matthieu. »
Les objections contre la primauté du pape ne viennent pas seulement des conciles, elles viennent aussi des Pères. On lit dans les lettres de saint Jérôme : « Si vous alléguez l'autorité, je réponds que l'univers est plus grand que Rome et qu'il ne sert de rien d'apporter la coutume d'une ville... Qu'un évêque soit ici ou là, qu'il soit à Rome, ou à Eugubium, ou à Constantinople, ou à Rhegium, ou à Alexandrie, ou à Tanis , il a le même mérite et le même sacerdoce. Les richesses ne font pas un évêque plus grand, la pauvreté ne le fait pas plus petit '. » On lit également dans les lettres de saint Augustin que la cause du donatiste Cécilien fut, sur l'ordre de l'empereur, portée au tribunal du pape Melchiade ; qu'elle fut déférée ensuite au concile d'Arles, qui fut ainsi chargé de reviser la sentence du pape; qu'elle fut enfin jugée définitivement par l'empereur^. Comment concilier ces textes avec le dogme de
1. Ep. ad Evangelium, 140. 1, M. 22. 1194 : « Si auctoritas quaeritur, orbis major est urbe... »