De verbo Dei
260 LA PRIMAUTÉ DE l'ÉVÊQUE DE ROME.
Tempereur Aurélien, bien que païen, ordonna-t-il et cela, dit Eusèbe, très convenablement', quelle fût livrée à ceux que les évêques d'Italie et de Rome (c'est-à-dire les évêques d'Italie assemblés avec le pape) récriraient? »
Ces nouvelles attestations de la primauté et quelques autres que fournit la Réplique furent utilisées. Nous les retrouvons en tout ou en partie chez Noël Alexandre ^, chez Tournely ^ et chez les théologiens plus récents. Mentionnons aussi le parti que les controversistes catholiques du dix-neuvième siècle ont su tirer de la lettre écrite par saint Clément aux Corinthiens (vers l'an 96) pour les exhorter à faire cesser leurs divisions. Ils ont montré combien la grandeur de l'Eglise romaine, et, par là-même, de la papauté, est mise en relief par cette intervention — soit quelle ait été spontanée, soit quelle ait été demandée par les Corinthiens — dans les affaires d'une Église lointaine et d'origine apostolique.
Hàtons-nous de dire que ces additions à la thèse de Bellarmin furent peu nombreuses et d'une importance secondaire. Ce n'est pas de ce côté qu'il faut chercher le progrès accompli par la démonstration de l'origine divine de la papauté. 11 est dans les travaux auxquels les théologiens ont dû se livrer pour repousser les assauts des adversaires.
Car les assauts n'ont pas manqué. Le texte de saint Irénée lui-même n'y a pas échappé. Jusqu'au xviii'^ siècle, on croyait universellement que la formule necesse est désignait une obligation morale, un devoir et que les mots ad haiic ecclesiam convenire parlaient d'un accord dans la foi avec l'Eglise romaine. On traduisait donc ainsi Irénée : « Toute église, c'està-dire tous les fidèles du monde entier doivent conformer leur foi à celle de celte église » '. Grabe imagina une interprétation toute différente. Selon lui, le saint évêque de Lyon avait attaché à l'expression con<>>enire l'idée non pas d'un accord dans la foi, mais d'une affluence, d'un concours de personnes; et il avait employé les mots necesse est pour exprimer la nécessité