‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 238 sur 371 · Réplique, 1. 33, p · texte numérisé non relu

Réplique, 1. 33, p

204 LA PRIMAUTÉ DE l'ÉvÉQUE DE ROME.

Des jx'glons suburbicaires^ où ils lui assignent cent mille pas à l'entour de la ville de Rome. »

Plusieurs tactiques s'offraient ici aux controversistes. Ils pouvaient dénier à la version de Rufîn toute autorité. Ils pouvaient, au contraire, l'accepter en lui donnant une interprétation favorable. La première attitude fut celle de Baronius ^ Cet illustre historien, sans se laisser émouvoir par l'autorité de Rufm, donna du susdit canon l'interprétation suivante : « Le saint synode a voulu légitimer l'autorité de l'évêque d'Alexandrie sur toutes les provinces d'Egypte... par la primauté de l'Eglise romaine, de laquelle l'évêque d'Alexandrie les tenait ». En revanche, du Perron et Coeffeteau -, tout en prononçant un réquisitoire sévère contre les traductions de Rufm, accusèrent les protestants de fausser sa pensée et finalement se rangèrent plus ou moins ouvertement de son côté. Ils déclarèrent que le concile de Nicée avait voulu régler la juridiction de l'évêque d'Alexandrie sur le modèle de celle que l'évêque de Rome exerçait dans le patriarcat d'Occident, et que les églises suburbicaires dont parlait Rufm comprenaient tout l'Occident. Ce n'était plus le cercle de trente lieues, dans lequel les protestants se plaisaient à enfermer la juridiction de l'évêque de Rome. Toutefois obtenait-on ainsi la primauté? Ne se trouvait-on pas plutôt en face d'un simple patriarche? du Perron et Coeffeteau prévinrent cette objection et ils la résolurent, en expliquant que l'évêque de Rome, étant à la fois chef de l'Eglise universelle et patriarche de l'Occident, le concile de Nicée avait fait abstraction de la première prérogative et n'avait mentionné que la seconde, pour régler sur elle les droits du patriarche d'Alexandrie.

L'explication de du Perron reçut un accueil sympathique. Des érudits comme Valois ^ et Dupin ■*, des théologiens gal-

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