‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 24 sur 371 · Ep. ad Décent., 25.0, :\I. 20. 5r · texte numérisé non relu

Ep. ad Décent., 25.0, :\I. 20. 5r

THÈSE DE BELLAUMIN. 15

dierum jejuniis impleatur ^ . Le concile de Nicée condamna Arius à l'aide de la tradition : nous avons sur ce point l'attestation formelle de Théodoret''^. Et le second concile de Nicée a consacré la doctrine des traditions non écrites par ce canon que le huitième concile a repris plus tard à son compte : Si qiiis traditionem Ecclesiae siçe scripto swe consuetiidine i>alentem non curaverit, anathema sit^.

Les Pères, eux aussi, proclament l'existence des traditions non écrites. Au dire d'Eusèbe^* saint Ignace exhortait les fidèles à s'attacher aux traditions apostoliques. Denj^s l'Aréopagite enseigne que les apôtres ont communiqué leur doctrine « en partie dans des écrits, en partie au moyen d'institutions non écrites ^. » Sans doute Luther, Calvin et leurs adhérents traitent d'apocryphes les livres aréopagitiques. Mais ces livres sont cités par les papes Grégoire le Grand, Martin, Agathon, ainsi que par les sixième, septième et huitième conciles. Ils ont donc plus de mille ans et dès lors ils ne peuvent être méprisés. Hégésippe a écrit, sur les traditions apostoliques, cinq livres que nous n'avons plus, mais dont la seule composition atteste que les apôtres n'ont pas tout écrit. Saint Polycarpe rapportait les paroles recueillies par les apôtres de la bouche du Seigneur et qu'il tenait lui-même de la bouche des apôtres^. Saint Irénée, de son côté, conservait précieusement dans son cœur les enseignements de Polycarpe. Il s'agit bien ici de traditions non écrites. Autrement la conduite de Polycarpe et d'Irénée n'avait rien qui fût de nature à frapper l'attention. Le premier venu peut, en effet, citer des textes puisés dans l'Ecriture. D'ailleurs on lit dans saint Irénée : « Il ne faut pas chercher ailleurs la vérité que l'on peut facilement trouver dans l'Eglise, attendu que les apôtres ont

1. Serm. 44. 2, M. 54. 286. Bellarmin cite encore un texte analogue du Serm. 70. 1, p. 419.

2. Bellarmin vise sans doute ici la lettre d'Eusèbe aux fidèles de Césarée rapportée par Thëodoret, Histor. eccL, 1.11 : « Nous croyons ce que nous avons reçu des évêques qui nous ont précédés... »

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