Mémoires, passim
8. Plus tard encore, Fébronius défendit le point de vue de Dupin et fut réfuté par Zaccaria.
9. Marca, cap. 3; Launoi, ep.,8, b; Noël Alexandre, J7i saec, 2, diss. 2 art. 3; Dupin, p. 144; Mosheim, De rébus christianorum ante Coîistanlinum saec. 2- Noël Alexandre termine sa dissertation sui* le cas de Marcion par cette phrase irrévérencieuse pour Bellarmin : « Ex his constat quae* Bellarmino cardinali sit adhibenda fuies qui, inter exempla eorum qui romanam sedem et pontificem maximum, ante concilium sardicense appellarunt, primo loco recenset appellationem Marcionis ».
268 LA PRIMAUTÉ DE l'ÉvÉQUE DE ROiME.
trompe du tout au tout. Marcion, en se présentant devant l'Eglise romaine, demanda simplement à être reçu à la communion et non à être de nouveau jugé. Et ceci s'explique par le fait qu'il avait été excommunié pour un viol dont il s'était rendu coupable, et non pour cause d'hérésie. Or, au dire de saint ]''.piphane, l'Eglise romaine lui déclara qu'elle ne pouvait l'admettre à la communion, tant que son père n'aurait pas levé l'excommunication dont il l'avait frappé. Nous sommes donc loin d'un jugement revisé et cassé. Sans doute Tertullien nous apprend que Marcion, après avoir fait pénitence, fut admis à la communion que la mort l'empêcha de recevoir. Mais ce fait est bien postérieur au fait raconté par saint Epiphane et l'on doit penser que, dans l'intervalle, Marcion avait été relevé de l'excommunication paternelle.
Les plus anciens conciles provinciaux attestés par l'histoire furent motivés par la controverse de la pâque \ Ils furent tenus sans Tordre et sans l'assentiment de l'évêque de Rome, et chaque province résolut le problème comme elle l'entendit. Victor, mécontent des évêques d'Asie, les retrancha de sa communion. Ceux-ci méprisèrent cette excommunication. D'autres évêques, comme saint Irénée, qui suivaient la discipline romaine, et qui, par conséquent, étaient d'accord avec Victor sur la question de fond, censurèrent sa conduite dans des lettres qu'Eusèbe, qui les avait sous les yeux, qualifie de sévères. Si Victor avait eu le droit de casser les décisions des conciles provinciaux et de réclamer la soumission à sa volonté, les évêques catholiques n'auraient pas pu le reprendre « sévèrement ». D'ailleurs l'excommunication qu'il porta ne prouve pas qu'il eût juridiction sur l'Asie, car, à cette époque, l'excommunication lancée par le pape retranchait ceux qui en étaient l'objet de la communion avec Rome, mais non avec l'Église universelle.
C'est l'Afrique surtout qui nous fournit des exemples de l'ancienne discipline^. Le premier qui se présente à nous, a trait à l'affaire de Fortunat et de Félicissime. Ces deux