‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 244 sur 371 · Dltin, p · texte numérisé non relu

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des premiers sièges relevaient juridiquement de Tévêque de Rome et pouvaient être jugés par lui. On s'est trompé. Consultons l'histoire. Elle nous apprend que l'Eglise d'Antioche a porté plainte au sujet de son évêque à plusieurs évêques, notamment à Denys d'Alexandrie et à Firmilien. Elle nous dit que Marcien d'Arles, Basilides et Martial furent accusés auprès de saint Cyprien, le premier par Faustin de Lyon, les deux autres par les évéques espagnols. Plus tard, quand les moines origénistes furent chassés d'Alexandrie par Théophile, ils eurent recours à l'évêque de Constantinople et se plaignirent à lui de Théophile. Plus tard encore, quand Protérius d'Alexandrie eut été tué par les hommes de Dioscore, la cause fut déférée à l'évêque de Constantinople. Pourtant l'évêque d'Antioche ne relevait pas d'Alexandrie ou de Césarée ; l'évêque d'Alexandrie ne relevait pafs de Constantinople. On n'a donc pas droit de conclure de l'affaire de Denys que Rome avait juridiction sur Alexandrie. D'ailleurs, le synode romain ne porta aucun jugement sur Denys, il se borna à rejeter avec indignation la doctrine dont on accusait l'évêque d'Alexandrie et à demander à ce dernier une profession de foi. Or une demande du même genre fut adressée par Athanase aux Antiochiens et par Epiphane à Paulus.

Quelque temps après l'affaire de Denys d'Alexandrie, arriva la condamnation de Paul de Samosate ^ Paul, convaincu de rejeter la divinité du Sauveur, fut déposé par le concile d'Antioche. Après avoir accompli cet acte d'autorité, le susdit concile nomma Domnus à la place de Paul et notifia son jugement à tous les évêques del'Église, notamment aux évêques de Rome et d'Alexandrie. Mais Paul, sans tenir compte de la condamnation portée contre lui, refusa de quitter sa place. Alors les catholiques, en désespoir de cause, s'adressèrent à l'empereur Aurélien et lui demandèrent son secours. Aurélien décida que les églises d'Antioche appartiendraient à ceux qui étaient unis aux prélats d'Italie et à l'évêque de Rome. Que voyons-nous dans cette affaire? L'évêque d'un grand siège qui est mandé à la barre, non de l'évêque de Rome, mais d'un concile ; un concile

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