‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 246 sur 371 · DupiN, p. IGO · texte numérisé non relu

DupiN, p. IGO

VOUS donc que la coutume est de nous écrire, pour que nous décidions ce que de droit? » L'école de Bellarmin s'imagine que Jules réclame ici un droit personnel. Elle se trompe. Le pape ne parle pas de lui seul mais de tout l'épiscopat d'Occident, comme le prouvent les mots omnibus nobis, ab omnibus. 11 dit qu'aucune mesure importante ne doit être prise par l'Église d'Orient sans le concours et l'assentiment de l'Église d'Occident : il ne dit pas autre chose. Sans doute Socrate et Sozomène, qui appliquent aux papes du quatrième siècle les sentiments des papes de leur temps, font dire à Jules autre chose, mais leurs textes ne sauraient faire foi.

La lettre du pape Sirice au sujet de l'affaire de Bonose nous offre un monument remarquable de la discipline antique ^ . Le concile de Gapoue (391) avait chargé les évêques delà province de Thessalonique de juger Bonose qui rejetait la perpétuité de la virginité de Marie. Ceux-ci prièrent le pape Sirice de se prononcer sur cette question. Le pape répondit : « Vous nous avez demandé notre avis au sujet de Bonose, soit que vous ne sachiez à quoi vous résoudre, soit que votre démarche vous ait été dictée par la modestie. Mais comme le concile de Capoue s'est occupé de Bonose qui est d'un pays voisin, et qu'il a donné à ses accusateurs des juges... nous vous faisons remarquer que nous n'avons aucun titre pour juger cette affaire... c'est à vous qu'il appartient de vous prononcer puisque cette charge vous a été confiée par le concile. » On le voit, Sirice ne croit pas avoir le droit de reviser le jugement d'un concile provincial. 11 ne reconnaît ce droit qu'aux évêques de la province voisine.

On dit souvent que saint Chrysostome, quand il eut été déposé par le conciliabule du Chêne, demanda au pape Innocent de lui rendre justice et que le pape, après avoir cassé la sentence portée contre le saint évèque de Constantinople, le rétablit sur son siège ^. En réalité, saint Chrysostome n'a pas fait appel au saint siège, mais à l'Eglise d'Occident; car, s'il a écrit au pape Innocent, il a écrit aussi aux évêques de Milan et d'Aquilée. De plus, il n'a pas demandé qu'on instruisît à

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