‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 248 sur 371 · DuiMN, j). i>nG · texte numérisé non relu

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les églises des Gaules ont souvent consulté le saint-siège et interjeta appel auprès de lui ; et obtient de l'empereur Valentinien un rescrit qui prescrit aux officiers civils de donner aux ordres du pape l'appui de la force publique. Voici maintenant les observations que suggère cette histoire. Saint Hilaire d'Arles, ne reconnaît pas au pape le droit d'intervenir comme juge dans les affaires litigieuses des églises des Gaules, et tout porte à croire que tous les é.vêques gaulois de son temps sont dans les mêmes sentiments; saint Léon, qui réclame ce droit au nom de la tradition, confond deux choses très distinctes, à savoir les consultations et les appels : sans doute à diverses reprises les papes avaient été consultés, mais ces consultations — qui n'étaient pas le monopole de Rome puisque saint Cyprien, saint Augustin, saint Basile, etc., ont eux aussi été consultés — n'avaient aucune portée juridique et n'étaient pas des appels ; pour faire exécuter sa sentence, saint Léon eut besoin de recourir au pouvoir civil.

L'école de Bellarmin croit à tort trouver un appui à sa doctrine des appels dans les affaires d'Eutychès, de Flavien et de Théodoret '. Commençons par Eutychès. Quand cet hérésiarque eut été condamné par Flavien, il en appela, non pas à Rome, mais à un concile auquel assisteraient les évoques de Rome, d'Alexandrie, de Jérusalem et de Thessalonique. Son appel n'ayant pas été écouté — il n'était du reste pas fait dans les formes — Eutychès se plaignit à saint Léon. Celui-ci reprocha à Flavien d'avoir jugé Eutychès sans l'en informer et demanda à juger la cause du vieil archimandrite. Flavien, dans une première lettre, fit connaître à Léon le cas d'Eutychès et le pria de notifier aux évéques d'Occident le jugement porté contre l'adversaire des deux natures du Christà Constantinople. Il lui écrivit plus tard une seconde lettre, où il lui faisait connaître les sympathies de l'empereur pour Eutychès, et où il lui demandait de l'aider à combattre ces sympathies, notamment en détournant l'empereur de convoquer un concile dont il n'attendait rien de bon. Léon, qui estimait d'abord que l'affaire pouvait être

1. Marca, cap. G à 8, p. 231 à 230; LAuxor, ep. ad Boetium, 2. 3; Qles.nel, dissert. 7, 8, 10; Dupin, p. 215, 220, 225; Fehhomus, cap. 5, .'^9.

276 LA PRIMAUTÉ DE l'ÉVÊQUE DE ROME.

termiaéesans réunion épiscopale, se décida enfin à prier l'empereur de convoquer un concile en Italie; mais quand sa lettre parvint à destination, l'empereur avait convoqué les évêques à un concile qui devait se tenir en Orient. En résumé : Eutychès a fait appel, non pas au saint-siège, mais à un concile général ; Flavien a demandé au pape saint Léon de notifier en Occident la sentence portée à Constantinople contre l'hérésiarque et de l'appuyer auprès de l'empereur, mais non de faire acte de juge; saint Léon a essayé d'abord de s'ériger en juge du conflit; puis il a reconnu lui-même la nécessité d'un concile qu'il eût voulu en Italie, mais qui, contre son gré, fut rassemblé en Orient.

Quand Flavien vit comment Dioscore se conduisait à son égard au brigandage d'Ephèse, il le récusa d'abord pour juge; puis, constatant qu'on ne tenait aucun compte de sa protestation, il remit aux légats du pape une lettre d'appel. A qui s'adressait cet appel? L'école de Bellarmin prétend que l'appel de Flavien était adressé au pape. Mais, s'il en avait été ainsi, saint Léon n'aurait pas manqué de nous le faire savoir, lui qui ne perd aucune occasion de relever léclat de son siège. D'où vient donc qu'il ne parle jamais d'un appel fait au siège apostolique par Tévêque de Constantinople? Il y a là un premier écueil auquel se heurte la susdite hypothèse. Elle en rencontre un second dans les textes suivants du même pape qui écrit à l'empereur Théodose ^ « Toutes les églises de notre pays et leurs prêtres vous supplient avec larmes d'avoir égard à l'appel de l'évêque Flavien et de donner des ordres pour qu'un concile soit assemblé en Italie. » « Puisque nos légats ont protesté et que Flavien leur a remis une feuille d'appel, donnez des ordres pour qu'un concile général soit rassemblé en Italie... Après cet appel, les canons de Nicée exigent qu'un concile soit célébré. » Ces textes sont décisifs : l'appel de Flavien était adressé, soit à un concile général, soit au moins à un concile de tout l'Occident. Qu'on n'objecte pas que Libérât et Valentinien parlent d'un appel envoyé au siège apostolique. Valentinien, en effet, conclut de cet appel qu'un concile doit être rassemblé en Italie. Il explique ainsi que, si la lettre de Flavien a

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