IMviîrA, cap. 15, p. 251 : Dlimn. p
susdits canons, rejeta le droit d'appel. Elle ajoute que le droit d'appelétaitinconnu en Afrique avant 419, môme pour les causes épiscopales, et qu'il y fonctionna seulement entre 419 et 426. Mais écoutons maintenant la réponse de l'école de Bellarmin.
Saint Épiphane est seul à nous parler de l'excommunication de Marcion par son père pour cause de viol et tout ce qui s'ensuit. Son récit, qui n'est pas confirmé par les autres auteurs, ne semble pas avoir de valeur historique. Mais acceptons-le. Que nous montre-t-il? Un prêtre qui, pour faire lever l'excommunication dont il est frappé, s'adresse, ni à son métropolitain d'Amascène, ni à son exarque de Césarée, mais directement à Rome. Peut-on trouver un exemple plus authentique d'appel au saint-siège? Mais, dira-t-on, le clergé romain — le trône pontifical était alors vacant — déclara ne pouvoir lever l'excommunication. Entendons-nous. Le péché pour lequel Marcion avait été excommunié était l'un des trois dont la discipline de l'époque réservait le pardon à Notre-Seigneur lui-même. On signifia donc à Marcion qu'on ne lèverait pas son excommunication, non par défaut de juridiction, mais par respect pour la loi qui refusait aux grands criminels le bienfait de la réconciliation même au moment de la mort. Ce n'est pas tout. Saint Épiphane nous apprend que le clergé romain, en parlant à Marcion de son père, l'appela « très distingué collègue ». Cette expression laisse entendre que le vénérable évêque de Sinope était connu à Rome. Comment l'était-il? Sans doute parce que, sachant que son indigne fils voulait aller dans la capitale du monde chrétien se faire réconcilier, il s'était hâté d'éclairer le saint-siège et de révéler au pape le véritable état de la question. Or cette conduite ne s'expliquerait pas s'il n'avait cru à la valeur juridique des appels. Voilà les enseignements qui se dégagent du récit de saint Epiphane, où Quesnel et son école sont allés chercher une objection contre la juridiction suprême de Rome \
Que voyons-nous, avant tout, dans l'affaire de Basilides et de Martial ^? Deux évêques qui, estimant avoir été déposés contre
1. Lui'us, De appeliallonibus, diHScvt. 1, 18, p. 71; il reconnait que l'assertion de saint Épiphane repose sur la légende.
2. Du Perron, liv. 1, 45, p. 356 etsuiv. ; Lupus, dissert. 1. G, p. 26; Bali.erini,
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les règles de la justice, se rendent à Rome et se font rétablir par le pape sur leurs sièges ^ N'assiste-t-on pas là à l'exercice du droit d'appel, à son fonctionnement précis, régulier? Sans doute si Basilides et Martial ont cherché un appui à Rome, leurs adversaires en ont cherché un à Carthage. Mais le cas n'est pas le même de part et d'autre. On écrit à saint Cyprien seulement pour le consulter, tandis qu'on va trouver le pape pour lui demander de casser un jugement. Sans doute encore, et c'est là la plus grosse difficulté, le saint évêque de Carthage a répondu à ses consultants, qui manifestement attendaient cette décision, qu'ils n'avaient pas à tenir compte de la réponse de Rome. A s'en tenir aux apparences, on dirait qu'il s'est arrogé les mêmes droits qu'Etienne, puisqu'il a déclaré valide une destitution que le pape avait déclarée invalide ; on dirait même qu'il s'est mis au-dessus du pape, attendu qu'il a cassé l'arrêt rendu par Etienne. Mais écoutons ses considérations. 11 reproche à Basilides d'avoir trompé Rome. Il ne dénie donc pas au pape le droit de rendre un arrêt; seulement il croit, dans l'espèce, que cet arrêt repose sur une erreur qui lui enlève toute valeur. Il ne casse rien, il ne prescrit rien, il se borne à constater que la sentence de destitution portée en Espagne contre Basilides et Martial est légitime.
De même, que voyons-nous dans l'affaire de Marcien d'Arles ? Un docteur illustre entre tous, saint Cyprien, qui demande au pape Etienne d'envoyer dans les Gaules des « lettres pressantes », pour faire savoir aux évêques de ce pays que Marcien est déposé et qu'il faut procéder à son remplacement. Peut-on désirer une attestation plus nette de la juridiction de Rome sur les églises des Gaules? On objecte que les évêques des Gaules ont écrit à Carthage aussi bien qu'à Rome, et ont demandé à ces deux églises de les aider à se débarrasser de Marcien. Mais saint Cyprien lui-même reconnaît que les « lettres très pressantes » doivent partir de Rome. Ne proclame-t-il pas hautement par là que le premier rôle, le rôle
observât, in dissert. 5, pars 1, cap. 5. 7 et suiv. p. 550 Zaccaria, VAnli-Féhroîiius, ton.e 3, p. 500.
1. Ballérini, in dissert. 5 QuesncUi, pars I, cap. 3. 15, p. 553.
décisif, doit appartenir à Etienne? On objecte encore que ces lettres « très pressantes » doivent, dans la pensée de saint Cyprien, se borner à certifier aux évêques des Gaules que Marcien est, de plein droit, déposé de l'épiscopat et à leur demander de procéder eux-mêmes à son remplacement. De ces deux assertions, la seconde est exacte : ce sont, en effet, les évêques des Gaules eux-mêmes qui, selon saint Cyprien, doivent choisir et consacrer le successeur de Marcien. Mais il est faux que le docteur de Carthage demande simplement à Etienne de constater officiellement et de certifier la déposition de Marcien. En fait, Marcien exerçait encore ses fonctions, car autrement pourquoi Faustin de Lyon eût-il écrit à Rome et à Carthage? Ses lettres demandaient qu'on vînt en aide aux évêques des Gaules pour chasser un évêque indigne qui s'obstinait à garder son siège épiscopal : c'était toute leur raison d'être. Dès lors, ne fallaitil pas que le pape envoyât une sentence de déposition. Qu'on ne dise pas qu'une sentence déclaratoire suffisait pour atteindre le but. Un acte d'autorité était indispensable pour éloigner de Marcien les fidèles qui lui restaient attachés.
Que saint Hilaire d'Arles se soit insurgé contre le jugement pontifical qui rétablissait sur son trône l'évêque Célidoine déposé par lui; qu'il ait même, à ce propos, parlé peu respectueusement du saint-siège, on n'en peut disconvenir puisque c'est saint Léon lui-même qui nous fournit ces renseignements. Suit-il de là que le saint évêque d'Arles a refusé au souverain pontife le droit d'appel? On ne serait autorisé à tirer cette conclusion que si l'on ne pouvait rendre compte autrement de sa conduite. Or cela n'est pas. Hilaire a pu faire au jugement de saint Léon, non une opposition de principe, mais une opposition d'espèce ; il a pu, tout en reconnaissant le droit pontifical, s'imaginer que, dans la circonstance, l'exercice de ce droit serait nuisible aux intérêts spirituels de l'Eglise des Gaules. Et l'auréole de sainteté qui entoure son front nous fait un devoir de juger sa conduite d'après cette seconde explication ^ . On
1. Ballérini, in dissert. 5 Quesnellt, pars I, cap, 7, n. 12, M. 55. 583. Voir aussi p. 619; Baronius, ad ann. 446. n. 8; Noël Alexandre, J)i saec. 5, cap. 5. 8; Zaccarla, t. 4, p. 73 et suiv.
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doit donner la même interprétation de la conduite de saint Irénée dans la question de la pâque. On doit penser que l'évêque de Lyon contesta simplement l'opportunité de la mesure prise par Victor, tout comme fit plus tard lévêque d'Arles. Seulement, tandis que ce dernier se laissa entraîner par la passion à des expressions blessantes pour le souverain pontife, saint Irénée — on doit le présumer — rédigea sa protestation en tenant compte du respect auquel le saint-siège a toujours droit. Quant à l'objection qui consiste à dire que l'excommunication lancée par le pape séparait de la communion avec Rome, mais non de la conmiunion de l'Eglise universelle, elle repose en partie sur une fausse interprétation de Thistoire, en partie sur la confusion du fait et du droit. Sans doute le cinquième concile de Cartilage porte que tout évêque qui commettra tel délit , ne sera en communion qu'avec sa seule église; mais cette peine était une simple restriction de communion et non une véritable excommunication. De même on lit bien que le faux concile de Sardique excommunia le pape Jules, que Dioscore excommunia le pape saint Léon et que le pape Vigile fut excommunié par l'évêque de Constantinople Mennas ; mais il serait insensé de chercher l'expression du droit dans des actes accomplis par des hérétiques ^
On dit qu'Eutychès ne sest pas contenté de faire appel à l'évêque de Rome, mais qu'il a demandé à d'autres évêques de venir à son secours. Nous n'en disconvenons pas -. Nous savons notamment qu'il chercha à gagner à sa cause l'évêque de Ravenne, saint Pierre Chrysologue, dont il connaissait la haute influence sur l'empereur Valentinien. Nous avouons donc qu'il ne faut pas s'adresser à lui pour avoir des renseignements sur le droit d'appel. Comme tous les hérétiques, Eutychès a cherché du secours partout où il a espéré en trouver. Mais écoutons Flavien. Dans une première lettre à saint Léon, il lui demande de notifier aux évêques d'Occident la sentence pro-