‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 251 sur 371 · Du Perron, cli. 41, p. 339 et suiv · texte numérisé non relu

Du Perron, cli. 41, p. 339 et suiv

i. Lupus, />^ appellat. , dissovt.'.^: Xoei, Alexandre, In saec. l, dissort. '28, prop. 3, probatur ;>; Bai.i.krini, In dis.'iert. 7 Que-'^nelli. n. 0, M'. 55.600: HiANCHi, Deir eslerior polilia delta Chiesa, t. 5. p. 180: Zaccaria. Ioc. cil., 4. 81.

APRÈS BELLAHMIN. 283

noncée à (^onstantinople contre l'hérésiarque. Dans une lettre écrite plus tard, il dit : « Daignez faire vôtre la cause commune et vous intéresser au bien général de l'Église. Donnez par écrit votre adhésion à la condamnation portée régulièrement contre cet homme et confirmer la foi de notre pieux empereur. L'affaire ne demande de vous qu'un appui, un secours. Votre adhésion ramènera le calme et la paix K » Flavien ne proclame-t-il pas hautement ici que sa sentence ou, si l'on veut, la sentence de son concile a besoin d'être confirmée par Rome? Ne dit-il pas que cette confirmation est absolument nécessaire? Il va même jusqu'à déclarer qu'elle ramènera le calme et la paix. Parlerait-il ainsi à un autre évêque? Et attribuerait-il une pareille influence à des lettres qui ne renfermeraient ni un jugement, ni une sentence, ni une confirmation? Chacun voit tout ce qu'il y a d'invraisemblable dans cette hypothèse.- Et l'on doit conclure que l'attitude de Flavien en face d'Eutychès rend un témoignage solennel à la primauté du pape.

Quand, plus tard, le même Flavien se vit déposé par Dioscore au brigandage d'Ephèse, à qui en appela-t-il? L'école de Quesnel prétend que son appel fut adressé soit à un concile général, soit à un concile de tout l'Occident. Cette hypothèse est a /)/7"o/'/ bien invraisemblable. Comment un évêque déposé, et qui devait avoir hâte de se faire rendre justice, n'a-t-il pas vu que la réunion d'un concile général ou même d'un concile d'Occident exigerait de longs délais? Mais laissons de côté cette considération et examinons les textes. Libérât, dans son Bj'e^>iaj'ium, déclare positivement que P'iavien en appela de Dioscore au siège apostolique. Valentinien tient le même langage dans sa lettre à Théo dose. On objecte que Valentinien, après avoir mentionné la lettre écrite par la victime de Dioscore au siège apostolique, a conclu à la nécessité d'un concile. Mais que Valentinien ait déduit de la lettre telle ou telle conclusion, c'est son affaire : la lettre n'en était pas moins adressée au siège apostolique. On objecte encore que saint

1. hvpxjs, De appellationibus, dissert. 4; Noël Alexandre, loc\ cil., propos. 3, probatur 4; Ballekim, In dissert. 8 Quesnelli,M. 55. 683; BL\Ncni^ Dell' eslerior polilia délia Chiesa, t. 5, p. 223; Zaccaria, lac. cit., 4. 84.

284 LA PRIMAUTÉ DE l'ÉvÈQUE DE ROME.

Léon lui-même a cru à la nécessité d'un concile général et qu'il a demandé à Tempereur Théodose de rassembler ce concile en Italie, Sans doute le pape a cru qu'un concile général s'imposait; mais il l'a cru indispensable uniquement pour en imposer aux évêques orientaux dévoyés et non pour casser les décisions du brigandage d'Ephèse qui, de l'aveu de Quesnel, étaient nulles de plein droit. Il l'a considéré comme une nécessité de fait et non comme une nécessité juridique. Rien ne prouve, en tout cas, qu'il l'a demandé pour exécuter les intentions de Flavien. Admettons cependant que l'évêque de Constantinople ait fait appel à un concile, il a eu en vue, dans cette hypothèse, non un concile général ni un concile d'Occident, mais simplement un de ces conciles romains qui étaient comme les conseils dont se servaient les papes pour régler les affaires importantes. Aussi voyons-nous que saint Léon écrivit sa lettre à Théodose au nom d'un concile romain.

On objecte que Théodoret a fait appel de la sentence du brigandage d'Ephèse à un concile d'Occident et non au pape lui-même ^ Cette hypothèse repose sur une fausse interprétation des textes du vénérable évêque de Cyr. Sans doute, il a désiré comparaître devant un concile d'Occident pour se justifier. Mais le concile qu'il demandait était simplement un concile romain composé du pape et de ses conseillers habituels et non cette assemblée générale que les adversaires ont en vue. En somme, c'est devant le pape que Théodoret a voulu comparaître, comme l'atteste clairement sa lettre à saint Léon où il déclare faire appel ÉTrixaXoufxsvoj, au jugement du pape. D'ailleurs saint Léon l'a jugé. C'est lui-même qui nous l'apprend, quand il dit à l'évêque de Cyr que son innocence a été constatée par « le jugement du siège apostolique ». Et non seulement Théodoret a été reconnu innocent par un jugement du siège apostolique; il a, par le même jugement, été rétabli sur son siège. Ceci, nous le savons par les commissaires impériaux euxmêmes qui s'écrièrent devant les Pères de Chalcédoine : f( Le vénérable Théodoret peut entrer et prendre part au concile,

1. Xoi:l Ai-E.\AM)HK, loc. cil., prop. ;>, probatur T); Hai.i.kkim, In dissei^t. 10 QuemclU, 31. 55. 753 ; Zaccahia, loc. cil., \. 102.

car le très saint archevêque Léon lui a rendu son épiscopat. » La seule objection sérieuse que les adversaires aient à opposer ici est tirée du fait que le concile de Chalcédoine • fit subir à Théodoretun examen en règle, avant de le reconnaître comme évêque légitime de Cyr. Mais on résout cette difficulté en disant que l'examen auquel l'évêque de Cyr fut soumis était uniquement destiné à calmer ses ennemis et à leur donner satisfaction. D'ailleurs la célèbre lettre dogmatique de saint Léon à Flavien eut elle-même à subir une enquête. Si le concile de Chalcédoine a pu juger une lettre pontificale sans porter atteinte — les théologiens le démontrent — à la primauté du magistère du pape, il a pu tout aussi bien juger un évêque déjà absous par le pape, sans léser à un degré quelconque le pouvoir judiciaire du saint-siège.

Telles furent les réponses qui, dans le camp de Bellarmin, furent opposées aux objections soulevées par Quesnel et ses disciples. On travailla aussi à résoudre les difficultés auxquelles donnait lieu l'affaire d'Apiarius, mais on n'arriva pas à une entente complète. Baronius se persuada que, dans la lettre qu'ils écrivirent au pape Célestin, en 426, les évêques d'Afrique ne refusèrent pas au souverain pontife le droit de recevoir les appels des évêques, mais qu'ils lui demandèrent seulement de les recevoir selon l'ordre des canons, c'est-à-dire de faire juger l'évêque appelant par un concile d'Afrique, sans envoyer aucun légat. Les frères Ballérini adoptèrent le sentiment de Baronius ^ Toutefois les théologiens ultramontains abandonnèrent généralement cette explication de Baronius et reconnurent que le concile de 426 interdit les appels des évêques à Rome. Ainsi pensèrent du Perron", Schelstrate^ et Lupus'*. Ce dernier crut même pouvoir conjecturer que les malheurs qui affligèrent plus tard l'église d'Afrique furent la juste punition de l'attitude du concile de 426; mais il ajouta que saint Augustin n'y assista pas et qu'il n'en approuva pas les décisions. Hâtons-

1. Bahomus, ad ann. 419, n. 65 à 78; Ballerim, In dissert. 5. 21, M. 55. 567 et suiv.

Page 1