DEUXIEME PARTIE
LES ATTRIBUTIONS DE LA PAPAUTÉ
Le problème des attributions de la papauté que la controverse gallicane avait, depuis le quinzième siècle, signalé à l'attention des théologiens, parut devoir être rejeté au second plan par l'apparition du protestantisme. A quoi bon disserter sur les prérogatives du pape, quand l'ennemi contre lequel on doit se défendre attaque l'existence même de la papauté? C'est ce qui explique que les premiers controversistes du seizième siècle, ou bien passèrent sous silence, ou bien traitèrent sommairement l'infaillibilité du souverain pontife, ainsi que les rapports qui relient le pontife romain avecl'épiscopat, soit dispersé, soit réuni en concile. Mais le gallicanisme était considéré par beaucoup de théologiens comme une erreur non moins dangereuse que l'hérésie de Luther. Aussi Melchior Cano ménagea une place importante dans son De locis theologicis à la question de l'infaillibilité pontificale ' , et, au sein même du concile de Trente , Lainez parla longuement sur l'origine de la juridiction des évêques. Bellarmin surtout prouva que l'on pouvait poursuivre les ennemis du dehors sans oublier les ennemis du dedans, et ses ConU'overses, en même temps qu'elles firent la guerre au radicalisme protestant, s'attachèrent aussi à combattre lesthéo-
1, De locis Iheoloyicis, VI, 7 et 8. Toutefois le chapitre 7 qui présente les preuves de l'infaillibilité, se borne à des généralités. Le chapitre 8 est consacré exclusivement à résoudre les objections. Avant Cano, Pighi a présenté une démonstration exclusivement patristique de l'infaillibilité avec réponses aux objections, dont on vei'ra les éléments plus loin (p. 302).
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ries gallicanes. D'ailleurs, ces dernières ne cessèrent, dans tout le cours du dix-septième siècle, de se réclamer de Thistoire. Elles prirent même, avec la Déclaration de 1682, une attitude provocante qui obligea, pour ainsi dire, les docteurs attachés au pape à descendre malgré eux dans l'arène. En somme, à partir de Bellarmin, les prérogatives de la papauté atteignirent ou plutôt dépassèrent l'importance qu'on attachait au problème de son origine.