‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 265 sur 371 · PASCE AGNOS MEOS ; PASCE OVES MEAS · texte numérisé non relu

PASCE AGNOS MEOS ; PASCE OVES MEAS

Bellarmin emprunta une troisième preuve de l'infaillibilité pontificale à la parole du Sauveur, qui a institué saint Pierre pasteur de l'Eglise. Mais sa discussion de ce texte fut purement rationnelle et ne demanda aucun secours à la patristique. Voici quel fut son raisonnement ^ :

« On a démontré plus haut que la parole pasce oçes meas, a institué le souverain pontife pasteur et docteur de l'Église entière. D'où il suit que l'Église entière doit écouter et suivre le souverain pontife ; donc, s'il se trompe, l'Église se trompera (ce qui répugne). On objectera que l'Église devra écouter le pape lorsque ces enseignements seront droits, et que, dans le cas contraire, on devra écouter Dieu plutôt que les hommes. Je réponds: Qui sera juge des enseignements du pape? Il n'appartient pas aux brebis de se prononcer sur les enseignements du pape, surtout dans les choses douteuses... Si le pape tombe dans l'erreur, l'Église entière sera donc induite en erreur. On objectera de nouveau que l'on pourra toujours recourir au concile général. Je réponds que le pape est supérieur au concile et que d'ailleurs les conciles généraux se sont sou-

1. De vi ac ratione primalus, 15. 2, dans le Theolog. cursus completus, 3. 1174.

Page 1