‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 276 sur 371 · Loc. cit., dissertatio 2, 38 et suiv., p · texte numérisé non relu

Loc. cit., dissertatio 2, 38 et suiv., p

3. Loc. cit., dissert. 2. 57 et suiv., p. 159. Dès 1648, Combefis avait émis à peu près les mêmes vues {Historia haeresis monathelitarum, dissert, apologetica pro actis sextae synodi, cap. 3, § 3, p. 198. Mais sa dissertation est très obscure et à peine intelligible. C'est à Garnier que revient le mérite d'avoir tiré les choses au clair.

318 l'infaillibilité du pape.

il n'est pas nécessaire de professer l'erreur, il suffit de cacher la vérité. « On lisait encore que le pape Honorius avait « répandu l'hérésie monothélite dans le peuple chrétien » ; qu'il avait « suivi » Sergius ainsi que les autres hérétiques. Mais le P. Garnier expliqua que le seul fait de favoriser les hérétiques suffisait pour qu'on pût être accusé de répandre l'erreur et que le sixième concile avait implicitement séparé la cause d'Honorius de celle des autres hérétiques, puisqu'il lui avait seulement reproché de « suivre » ces hérétiques. Restait la grosse difficulté. Le concile avait dit : « Anathème à Sergius et à Honorius! Anathème à Pyrrhus et à Paul!... Anathème à tous les hérétiques ! Anathème à tous ceux qui ont enseigné et qui enseignent une seule volonté et une seule opération dans Notre-Seigneur Jésus-Christ! » Cette fois, le pape n'était-il pas nettement mi3 sur le même rang que les hérétiques? « Non, répondit Garnier, bien que le pape ait été frappé d'anathème en même temps que les monothélites, il a pu l'être pour un motif différent. Et si, plus loin, l'anathème est fulminé contre les hérétiques qui enseignent l'unité de volonté du Christ, rien ne prouve que Honorius soit visé dans cet endroit. »

Le P. Garnier ferma les actes du sixième concile avec la conviction que, nulle part, Honorius n'y était condamné comme hérétique. Il consulta alors l'empereur qui avait pris une part importante aux débats du concile, ainsi que le pape Léon II à qui les légats avaient rendu compte de leur mission, et il leur demanda leur impression. L'empereur lui répondit que le pape Honorius avait été « confirmateur de l'hérésie monothélite » et qu'il s'était « contredit ». Il apprit de Léon II que Honorius avait « laissé souiller le siège apostolique » ; qu'il avait « favorisé par sa négligence » la flamme naissante de l'hérésie, au lieu de « l'éteindre ». Or ces expressions impliquaient-elles le crime de l'hérésie proprement dite? L'éditeur du Liber diurnus se persuada au contraire qu'elles l'excluaient. Et le résultat définitif de son enquête fut que le pape Honorius avait été condamné, non comme ayant enseigné l'hérésie monothélite, mais comme l'ayant favorisée par sa conduite imprudente.

1, NoEi. A[-EXAM)!<i:. In saec. VU, dissort. '2, réfiito d'abord longueinont

LA QUESTION d'hONORIUS. 319

La théorie du P. Garnier rencontra dans le monde théologique des sympathies qui ne firent que s'accentuer avec le temps. A partir de la fm du dix-septième siècle, les controversistes partisans de Finfaillibilité pontificale — quelques gallicans eux-mêmes — laissant de côté les solutions patronnées par Bellarmin et Thomassin, admirent généralement que le pape Honorius n'avait pas été condamné comme hérétique par le sixième concile. Et, à la veille du concile du Vatican, ce fut surtout à ce moyen de défense que l'on recourut pour repousser les attaques de l'opposition. Seulement, tandis que Garnier avait appuyé son sentiment sur les actes mêmes du concile, sur le langage de l'empereur et sur les lettres du pape Léon II, on négligea plus communément de faire appel aux deux premières sources d'information et l'on se borna à demander au pape Léon II le sens authentique de la sentence fulminée contre Honorius à Constantinople. On se livra aussi à l'étude directe des lettres condamnées et, à la lumière des observations présentées par Bellarmin, on démontra leur orthodoxie absolue.

Honorius tombé dans l'hérésie comme docteur privé; Honorius condamné, non pour hérésie, mais pour négligence; actes du sixième concile interpolés : sont-ce là tous les moyens de défense qu'a fait valoir l'école infaillibiliste ? Non. Au quinzième siècle, Torquemada ^ avait donné du cas d'Honorius une solution qui n'était ni celle de Pighi revue par Bellarmin et Baronius, ni celle de Cano revue par Thomassin, ni celle de Combefîs mise au net par Garnier. Selon lui, Honorius était innocent et n'en avait pas moins été condamné comme héré-

Ici thèse de Baronius et démontre que le sixième concile a vraiment condamné Honorius. Il prouve en second lieu que cette condamnation a été juste. Enfin, dans une troisième proposition, il établit que le pape Honorius n'a pas été hérétique et qu'il n'a pas été condamné par le concile comme hérétique, mais conmie coupable de négligence dans la répression de l'hérésie : « ut haereseos et haereticorem fautorem, atque l'eum negligentiae in illis coercendis. » Voir Ballérini, De vi ac ratione primatus, appendix 15.9 dans Migne, Theolog. cursus .completus, 3. 1213; MuzzARELLi, De auctoritale romani ponlificis in conciliis generalibus, 10, 6, tome 2, p. 223; Grégoire XVI, Triomphe du Saint-Siège et de V Église, XVI, 4 et 5, p. 968 et suiv.

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