‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 281 sur 371 · JUGEMENTS DOGMATIQUES EMANES DU SAINT-SIEGE · texte numérisé non relu

JUGEMENTS DOGMATIQUES EMANES DU SAINT-SIEGE

Dans son traité De conciliorum auctoritate, Bellarmin venait d'établir la supériorité du pape sur le concile. Sa démonstration achevée, il examina, selon son habitude, les objections qui semblaient faire échec à sa thèse. L'une de ces difficultés était formulée ainsi : « Au concile de Chalcédoine, beaucoup d'évêques soumirent à l'examen la lettre de saint Léon et ce pape déclare, quelque part, être fier de l'approbation que le concile a donnée à sa lettre. » Bellarmin répondit : que ce fait ne prouvait pas la supériorité du concile sur le pape, attendu que Léon avait envoyé sa lettre « non comme une sentence définitive, mais comme une instruction destinée à éclairer les évêques dans leur jugement^ ».

L'objection que Bellarmin pensait avoir pour toujours supprimée, était, au contraire, appelée à se développer et à prendre des proportions considérables. Quand Bossuet entreprit de combattre la doctrine de l'infaillibilité, l'attitude des conciles à l'égard des définitions pontificales lui fournit toute une série d'arguments^. Il constata que le pape saint Célestin avait condamné l'hérésie nestorienne avant le concile d'Éphèse ; que le pape saint Léon avait, dans sa Lettre à Flavien, condamné le monophysisme avant le concile de Chalcédoine; que les papes Agathon, Adrien I, Adrien II et Nicolas avaient, de même, tranché d'avance les problèmes qui provoquèrent la réunion des sixième, septième et huitième conciles. Il constata, dis-je, que cinq fois, le saint-siège avait condamné,

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