‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 282 sur 371 · De concil. et Eccl. mil · texte numérisé non relu

De concil. et Eccl. mil

2. Defensio, 7, 17. On trouve la même doctrine chez Marca (Concordla), 5, 8, n. 3, p. 534 et 5. 9, n. 2, p. 539) et chez Noël Alexandre {In saec.b, dissert. 12) à qui Bossuet a pu l'emprunter. Voici ce que dit Marca (p. 539) comme conclusion à son exposé de la session 4 de Chalcédoine : '< Unde recte quinta synodus ex ista actione coUegit quaecumque apud synodosproferuntur abiis nonsimp\[ciier,sedcummquisitione approbari, nempe si congruant cum expositione et doctrina patrum ». Voir aussi DupiN, Traité de la puissance ecclésiastique et temporelle (édit. 1707), p. 738.

32C l'infaillibilité du pape.

dans des écrits dogmatiques, les hérésies qui, pendant plus de quatre siècles, troublèrent l'Orient. Or il crut pouvoir démontrer que, cinq fois, les conciles avaient examiné ces écrits dogmatiques et ne les avaient acceptés qu'après s'être convaincus de leur orthodoxie. Il s'arrêta surtout sur le concile de Chalcédoine, dont il résuma les actes : « Les commissaires impériaux, dit-il, firent aux Pères du concile la proposition suivante : En présence des saints Evangiles, chacun des vénérables évêques déclarera si la lettre du vénérable Léon est conforme aux enseignements des trois cent dix-huit Pères (de Nicée) et des cent cinquante Pères (de Constantinople)... Anatole (évêque de Constantinople) fit connaître, le premier, son avis en ces termes : La lettre du vénérable Léon est conforme au symbole des trois cent dix-huit Pères et des cent cinquante Pères, ainsi qu'à la doctrine qui fut proclamée à Ephèse sous le vénérable Cyrille. C'est pourquoi j'y adhère et je l'ai souscrite... Les autres dirent également : Elle est conforme et je l'ai souscrite... Beaucoup exposent leurs difïicultés, motivées soit par la forme soit par le fond... Ils déclarent qu'ils l'ont trouvée orthodoxe dans son ensemble, mais qu'ils ont été arrêtés par certaines expressions qui semblent introduire une division dans la personne du Christ. Ils ajoutent que les légats les ont éclairés... » Et, après avoir mis sous les yeux du lecteur d'autres extraits du même genre, l'auteur de la Defensio se livra aux commentaires : « Voilà une vraie délibération, s'écria-t-il, et l'on ne peut pas dire que les Pères ont souscrit par un acte d'obéissance aveugle... Voilà comment la lettre de Léon a été examinée à Chalcédoine; voilà ce qu'on lit dans le procès-verbal. C'est après cet examen que la lettre fut érigée en règle de foi irrévocable. Léon lui-même pensait ainsi, comme le prouve ce passage de sa Lettre à Théodoret : « Ce que Dieu avait d'abord défini par notre ministère, il l'a confirmé par l'assentiment irrévocable de toute la fraternité. Il a montré, par le jugement de tout l'univers chrétien, que la décision émanée du premier siège venait de lui... Nous savons comment Bellarmin se tire de cette difficulté... A l'en croire, saint Léon n'aurait pas voulu donner une définition, mais seulement

JUGEiMENTS DU SAINT-SIEGE EXAMINES PAR LES CONCILES. 327

instruire le concile. C'est une misérable absurdité ^ » Les armes que Bossuet emprunta aux conciles pour combattre l'infaillibilité pontificale parurent de bonne trempe à l'école gallicane. Vers le milieu du siècle dernier, Maret ^ recourut à elles quand il essaya d'arrêter la définition du concile du Vatican. Toutefois, à cette époque, l'école infaillibiliste savait depuis longtemps comment parer les coups qu'on lui portait de ce côté. Pour être juste, il faut reconnaître qu'elle avait tâtonné quelque temps. On a vu plus haut la solution proposée par Bellarmin à la difficulté tirée de la Lettre à Flaçien. Bossuet n'était pas le seul à la trouver insuffisante. Baronius lui-même l'avait rejetée et n'avait pas craint d'affiirmer que la lettre de saint Léon était une véritable définition dogmatique. Mais alors comment les Pères de Chalcédoine s'étaient-ils permis de la soumettre à leur examen? Lupus pensa résoudre cette difficulté en expliquant que le pape luimême avait autorisé les évêques du concile à juger sa dissertation^. Mais le moyen d'accepter cette hypothèse, quand des textes très précis de saint Léon prouvaient qu'il considérait la question dogmatique comme tranchée par sa lettre et que le concile devait, dans sa pensée, se borner simplement à régler la situation d'Eutychès? Thomassin^ expliqua que l'examen de la Lettre à Flavien n'avait pas été motivé par un sentiment de doute, mais qu'il était simplement destiné à mon-

1. Defensio, 7. 18 : « Haec scribens tantus pontifex, tamen, si Bellarmiiio credimus, non de judicanda quaestione, sed de instruenda synodo cogitabat. Miserum vero est tam absurda sectan ».

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