De verbo Del
ment de TÉglise, ont posé en principe le mépris des traditions. Irénée et Tertullien assurent que les valentiniens et les marcionites rejetaient les traditions ecclésiastiques. Quand saint Cyprien fit fausse route sur la question du baptême des hérétiques, ce fut parce qu'il prétendait s'appuyer sur l'Ecriture aux dépens de la tradition. Les donatistes en appelaient sans cesse à l'Hcriture et, pour les combattre, saint Augustin leur opposa les traditions et les usages de Tl^glise. Les ariens, Nestorius, Eutychès faisaient profession de ne croire qu'à l'Ecriture. Les protestants tiennent donc des hérétiques le mépris qu'ils affichent pour les traditions, tandis que les catholiques sont les héritiers de la pensée des Pères.
Quand il a exposé les preuves tant scripturaires que patristiques des traditions apostoliques non écrites, Bellarmin énumère, en s'inspirant de Melchior Cano, les signes auxquels on peut reconnaître ces traditions ' ; puis il réfute les objections des adversaires - .
Les protestants prétendent que l'Ecriture défend d'ajouter quoi que ce soit à son texte ; qu'elle se présente à nous comme contenant tout ce que nous avons besoin de connaître; enfin qu'elle condamne ouvertement les traditions. Ils appuient la première de ces assertions sur les trois textes : Non addetis ad K^erhum quod ego praecipio vobis nec aufereli's ex eo. — Si quis apposuerit ad hivc, apponet Deus super eum plagas. — Sed licel nos aut angélus de caelo ei>angelizet vobis praeter quam quod eçangelizavimus vobisy anathema sit^. La seconde serait prouvée, selon eux, par le témoignage de saint Jean'*, déclarant que Jésus a fait beaucoup de mirales qui ne sont pas mentionnés dans son livre, mais qu'il a écrit tout ce qu'il fallait pour qu'on criit au Fils de Dieu et qu'on eût ainsi la vie éternelle. Elle le serait également par cette maxime des épîtres pastorales : Omnis scriptura divinitus inspirata utilis est ad docendum... ut perfectus sit