Ep. 25. 11, M
T. Ep.U, M. 54. G71.
tous les évêques n'auraient pas un pouvoir illimité, mais que dans chaque province il y aurait un évêque supérieur aux autres; que les évéques de certaines grandes villes auraient une juridiction plus étendue, et que parleur intermédiaire la chaire de Pierre administrerait toute l'Église... » Et, à chacun de ces textes, le docte Jésuite ajouta un commentaire approprié : «r Cyprien, dit-il, déclare que la chaire de Pierre est Torigine de l'unité sacerdotale... Saint Augustin affirme que l'Église a engendré les évêques... il croit donc que la juridiction émane de l'Eglise et non de Dieu immédiatement... Innocent enseigne que, outre son autorité générale, le siège apostolique a une autorité particulière sur les églises fondées par lui ou par ses envoyés... Des paroles de Léon il résulte que les évêques sont tous égaux sous le rapport de l'épiscopat, mais que, sous le rapport de la juridiction, les archevêques commandent aux évêques, les primats aux archevêques, et que cette disposition vient du pape qui est le chef universel. »
Enfin, après avoir fait appel aux Pères proprement dits, Lainez qui, nous le savons déjà, ne craignait pas les redites, utilisa de nouveau les extraits des scolastiques^ qui lui avaient servi une première fois à rattacher à saint Pierre la juridiction des apôtres. Il leur adjoignit néanmoins quelques autres références, entre autres la suivante, empruntée à saint Antonin^ : « Pierre a reçu immédiatement du Christ la plénitude de la juridiction; il en est de même de ses successeurs. Mais les autres évêques et prélats n'ont qu'une juridiction partielle et la tiennent du pape. »
Les deux thèses de Lainez que nous venons d'analyser n'eurent pas le même sort. La première, celle qui faisait dériver de saint Pierre la juridiction des apôtres, fut absolument répudiée par Bellarmin^. Sans se mettre en peine de discuter les preuves de l'opinion contraire, l'auteur des Controverses rappela que le Sauveur avait dit à ses apôtres : Sicut misit me Pater et ego mltto vos; que les apôtres n'avaient point élu Mat-
1. Il réédite Jes citations de Richard de Middletown et de Durand, mais il emprunte à saint Thomas de nouveaux textes.