VIII PREFACE
ces travaux se présentent à nous en nombre incalculable ; il était impossible de les prendre tous en considération. J'ajoute qu on ne le devait pas. Nous retrouvons ici, en effet, le spectacle qui a déjà été signalé dans la préface du premier volume. Dans cette armée immense de théologiens qui ont pris les armes pour combattre le protestantisme ou le gallicanisme, ceux qui ont découvert de nouveaux textes, résolu des problèmes nouveaux ou apporté des solutions nouvelles à d'anciennes objections, qui ont, en un mot, fait progresser la démonstration soit scripturaire soit patristique du dogme de l'Eglise, ceux-là ne forment qu'une élite peu nombreuse. Les autres, c'està-dire la très grande majorité, n'ont eu d'autre rôle que d'utiliser des démonstrations ou des solutions toutes faites et de les répandre autour d'eux. Et, sans doute, parmi ces vulgarisateurs, beaucoup ont fait œuvre méritoire, ont même fait preuve de talent. Mais les premiers ont seuls droit de prendre place dans une histoire de la théologie positive de l'Eglise, parce que seuls, ils ont apporté leur pierre à la construction de l'édifice. Les opuscules que M^ de Ségur a composés à la défense du pape et de l'Eglise ont eu une diffusion considérable et ont consolidé la foi dans beaucoup d'âmes; ils n'ont pourtant aucun titre à être mentionnés dans un livre comme celui-ci .
C'est dans le môme ordre d'idées que se trouve l'explication d'un autre fait. Il suffît de feuilleter ce volume pour constater que les deux parties qui le composent ont des dimensions inégales et que la première le cède en longueur sensiblement à la seconde. On aurait tort de conclure de là que les travaux consacrés à la défense de l'Église se sont de préférence portés sur la papauté et que les questions relatives à la règle de la foi ont été moins fréquem-