Ep. 3. 3, Ilartel
3. CoEFFETEAu, Pro sacva monarchia, 2. 5, p. 459 et suiv. ; Suahez, De legibus, 4. 4 ; Chari.as, De libertatlbus Ecclesiae gallicanae, 8. 10; Zaccaria, VAnli-Fébronius, 4. 132 et suiv.; Muzzarelli, Origine de la juridiction des évêques, p. 20 et suiv.
l'Orient. Sur ce point tous les théologiens étaient d'accord. Quant aux patriarches, de qui tenaient-ils l'institution? S'ils la recevaient du pape, la doctrine chère à Bellarmin n'était pas du même coup démontrée; il restait, en effet, à savoir si l'institution donnée par le saint-siège était la cause de la juridiction ou si elle en était seulement la condition. Mais dans le cas contraire, on était nécessairement conduit à admettre que les patriarches recevaient leur juridiction immédiatement de Dieu, que le pape n'était la source des pouvoirs spirituels ni pour eux ni pour les évêques institués par eux; et la théorie gallicane restait victorieuse. Aussi travailla-t-on, dans l'école de Bellarmin, à rattacher à saint Pierre la juridiction des patriarches.
Deux voies se présentaient pour mener à bien l'entreprise. L'une, très simple, consistait à faire dériver de saint Pierre l'origine des sièges patriarcaux d'Alexandrie et d'Antioche. Ici les gallicans fournirent des armes. Sans doute, l'extrême gauche de ce parti refusa d'expliquer par saint Pierre l'autorité suréminente dont jouissaient les deux principaux sièges de l'Orient. Marc-Antoine \ Richer - et Dupin -^ s'obstinèrent à enseigner que les évêques d'Alexandrie et d'Antioche durent leur prépondérance ecclésiastique à l'importance politique des villes où ils siégèrent. Mais les gallicans modérés, les du Perron '*, lesThomassin ^, les Noël Alexandre ^, prirent une autre attitude. Selon eux, la juridiction patriarcale d'Alexandrie et d'Antioche avait sa source dans saint Pierre, qui avait fondé et occupé ces deux sièges soit par lui-même, soit par son disciple saint Marc. Ils eurent soin, du reste, d'appuyer leur sentiment sur de vénérables autorités. On lisait, en effet, dans
1. De repiiblica ecclesiastira,3. 10. Marc commence par écarter comme apocryphe le témoignage d'Anaclet sur lequel s'appuie Bellarmin (voir p. 353, note 1). Il apporte ensuite les témoignages de plusieurs autres papes, mais il les écarte (n. 1) comme inexacts « quum in propria causa a romanis pontificibus suas fimbrias libentcr dilatantibus exaggerentur. » Enfin (n. 17-21) il propose son explication.
'2. Defensio libellide ecclesiastica etpolitica potestate, 3. 5, S 1~. t- ^ P- 306 ; Ilialorla conciliorum generalium^ in concil.Nic, can. (i.