‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 303 sur 371 · Ep. 24. 1, M · texte numérisé non relu

Ep. 24. 1, M

5. De sacris electionibus et ordlnationibus dans le Theologiae cursus de Migne,24, 1178.

ceux que les patriarches ordonnent, dit-il, sont en quelque sorte ordonnés par le pontife romain. » Lamennais^ en fit également usage. Mais c'est ^Nluzzarelli - qui a su en tirer le meilleur parti. On lui objectait que saint Athanase avait donné à l'évêque Frumence une mission à laquelle le pape était demeuré complètement étranger. Muzzarelli répondit : « Les successeurs de saint Pierre n'ont jamais retiré aux patriarches d'Alexandrie la mission et la juridiction que Pierre avait données à saint Marc. Par conséquent, elles restèrent dans les patriarches d'Alexandrie, successeurs de saint Marc. Elles passèrent donc à "Saint Athanase qui, par cette autorité, a pu envoyer saint Frumence en Ethiopie... Successeur de saint Pierre et héritier de sa juridiction universelle, le pape aurait pu retirer aux patriarches d'Alexandrie la juridiction qui leur avait été accordée ou la limiter. N'ayant fait ni l'un ni l'autre, le pape confirmait et autorisait tacitement par sa permission l'autorité du patriarche d'Alexandrie. »

Toutefois on eut à résoudre deux difficultés, dont l'une assez grave. Le concile de Chalcédoine éleva le siège de Constantinople à la dignité patriarcale et soumit à sa juridiction les trois diocèses du Pont, de l'Asie et de la Thrace, dont chacun comprenait plusieurs métropoles. Saint Léon et ses successeurs protestèrent énergiquement contre cette institution; ils refusèrent de reconnaître le vingt-huitième canon de Chalcédoine qui la sanctionnait. En dépit des papes, les évéques de Censtantinople s'érigèrent en patriarches et instituèrent tous les métropolitains des trois diocèses qu'ils avaient réussi à se faire adjuger. Comment faire dériver du pape une juridiction qui s'exerçait malgré le pape? Ce n'est pas tout. Avant de servir à former le patriarcat de Constantinople, les diocèses du Pont, de l'Asie et de la Thrace étaient respectivement gouvernés par les exarques de Césarée, d'Ephèse et d'Héraclée. Or ces exarques ne se rattachaient ni au patriarcat d'Antioche, ni au patriarcat d'Alexandrie. Ils étaient indépendants. De qui tenaient-ils donc leur juridiction? ou plutôt quel lien s'offrait

1. Tradition de l'Éf/lise sid' l'inslilulion des cvêqucs, Liège, 1811, 1, p. 10.

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