Moralia
5. Plus exactement, Bellai'min déclare que saint Basile commente le texte en question de manière à faire dire à saint Paul qu'on ne doit pas écouter ceux qui contredisent l'Écriture. Quant au commentaire de saint Augustin, il l'éclairé par deux autres passages du saint docteur qui interprètent/?rrt<?<er dans le sens de contra {Contra Faustum, 17. 3, M. 42. 341 et InJo. tract. 98.
aucun qui proclame suffisant renseignement des livres sacrés. Dans l'endroit où saint Jean explique qu'il n'a pas tout écrit, il a en vue les miracles du Sauveur et non sa doctrine. Il ne dit pas qu'il s'estborné à exposer les dogmes quïl suffit aux fidèles de connaître ; il dit que les miracles dont il a fait le récit suffisent pour prouver que Jésus était le Fils de Dieu. Quant au célèbre texte : Oinnis scriptura... utilis est... il dit que l'Ecriture est utile, il ne dit pas qu'elle suffit.
Reste la troisième objection. Mais elle est encore moins sérieuse que les précédentes, car les textes qui condamnent les traditions visent, non pas des croyances dérivées de Moïse ou des prophètes, mais des préjugés d'origine récente. On ne peut donc rien tirer d'eux contre les traditions apostoliques. Les protestants opposent également à la doctrine des traditions plusieurs textes patristiques. D'après eux, saint Irénée enseignerait que les apôtres ont consigné par écrit tout ce qui faisait l'objet de leur prédication, et donc que l'hxriture contient toute la révélation ^. D'après eux encore, saint Jérôme prescrirait de s'en tenir à l'Ecriture dans les textes suivants : Sine auctoritate scripturariim garr alitas non habet fideni. — Qiiod de scripturis auctoritateni non habet, eadem facilitate contemnitur qua probatur . — Quae absque auctoritate et testimoniis scripturarum quasi traditione apostolica sponte reperiunt atque confîngunt, percutit gladius Dei'^. Saint Athanase*^, saint Chrysostome '*, d'autres encore offriraient des textes analogues. Saint Augustin déclarerait même, à diverses reprises, que l'Ecriture contient tout ce qui appartient à la foi, notamment dans le passage suivant : In liis quae aperte posita sunt in Scriptura inveniuntur illa omnia quae continent fidem moresque vi{>endi'\
Comme ils ont faussé la pensée des écrivains sacrés, les protestants faussent la pensée des Pères. Saint Irénée ne dit pas