‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 313 sur 371 · IIarduin · texte numérisé non relu

IIarduin

3. Ep. 4. 3. 19, M. 33. IGO : "... rostabat adhuc plenarium Ecclosiae univoi'.sao conciliuni. »

l. De ccmril. et EccL, 2. 10. Dans sa liecognUio, Bellaniiin révoqua en doute la chute do Marcellin {De sum77io ponlifire, 4. 8).

l'affaire des donatistes, Bellarmin déclara que leur cause avait été jugée à nouveau, « non parce que cela était nécessaire, mais parce que l'empereur Constantin voulut faire plaisir aux donatistes qui demandaient un second jugement, espérant qu'une seconde condamnation les guérirait ».

Passant de là au mot de saint Augustin « restabat adhuc plenarium Ecclesiae universae concilium, l'auteur des Controi^erses l'expliqua ainsi : « Augustin n'a pas comparé le pape sans concile à un concile sans pape,... mais un concile particulier présidé par le pape à un concile général présidé également par le pape. Il est clair qu'une cause jugée par le pape dans un concile particulier peut être à nouveau jugée par le même pape dans un concile général, surtout quand il s'agit d'une question de fait, qui suppose des enquêtes et dans laquelle l'Église peut se tromper ^.. »

Bellarmin s'arrêta plus longuement devant le décret de Constance, mais sans éprouver aucun embarras. 11 lui trouva, en effet, deux solutions. Il remarqua d'abord que cette assemblée n'avait pas défini la supériorité du pape sur le concile d'une manière absolue, « mais seulement sous condition, c'està-dire en temps de schisme, alors qu'on ne sait qui est le vrai pape. Comme un pape douteux est un pape nul, être au-dessus d'un pape douteux, ce n'est pas être au-dessus du pape. »

l. De concil. el EccL, 2. 19, Noter aussi les deux objections suivantes : 1° L'empereur déposa le pape Libère, puis il le rétablit sur son siège et lui donna ordre de gouverner l'Eglise romaine, de concert avec Félix. Le concile do Sirmium réitéra cet ordre. Bellarmin répond que l'empereur était arien, qu'il se comporta en tyran et donc que sa conduite n'a aucune portée juridique. Il ajoute que le concile de Sirmium ne donna aucun ordre, mais qu'il se borna à prier Félix de s'associer Libère. — 2° On lit dans saint IMatthieu : Si peccaverit in te frater tuus... die Ecclesiae. Or le pape est notre frère. Donc il peut être jugé par l'Église. Bellarmin répond ainsi à cette objection qui est de Gerson : a) Le die Ecclesiae, d'après l'interprétation commune, désigne l'évéque au tribunal duquel les fidèles doivent comparaître. Si l'évéque est coupable, il doit comparaître devant le tribunal de l'archevêque ou du patriarche. Ce dernier relève du pape ou du concile général. Le pape ne relève que de Dieu. Il est vrai que le die Ecclesiae a été dit à saint Pierre lui-même, mais à une époque où il n'était pas encore pape. D'ailleurs le pape doit s'appHquer à luimême le die Ecclesiae, en ce sens qu'il doit d'abord avertir le coupable en particulier, puis se le dénoncer à lui-même en tant que chef de l'Église.

Telle fut la première solution, qui, tout en maintenant la suprématie du pape, sauvegardait l'autorité du concile de Constance. Après l'avoir développée, Bellarmin en présenta une autre diamétralement opposée à la précédente, puisqu'elle sacrifiait résolument l'autorité du susdit concile. 11 fit donc observer qu'au moment où fut promulgué le célèbre décret sur le pape, il n'y avait à Constance que les évêques de l'obédience de Jean XXIII et que le concile représentait simplement le tiers de l'Eglise, attendu que les partisans de Grégoire et ceux de Benoît étaient absents. Dans ces conditions, quelle autorité le concile de Constance pouvait-il revendiquer? Il en avait d'autant moins que le pape de son obédience lui-même, Jean XXIII, avait quitté la ville et était absent, quand eut lieu la promulgation du décret. « Et qu'on ne dise pas, ajouta Bellarmin, que le décret en question fut confirmé plus tard par le pape Martin V. Ce pape, en effet, déclara que sa confirmation portait exclusivement sur les décrets touchant à la foi et portés conciliariter, c'est-à-dire conformément aux règles observées dans les autres conciles, après une mure délibération. Or le décret relatif au pape fut porté sans délibération préalable. Martin V n'a donc voulu confirmer que les décrets destinés à condamner Wiclef et Huss ^ » Du reste, nous apprenons, dans un autre endroit des Controverses, que le décret de Constance a été condamné par les conciles de Florence et de Latran ^.

Le pape étant au-dessus de lEglise ne peut être déposé par l'Église. Bellarmin comprit que cette conséquence se rattachait nécessairement à sa doctrine et il l'adopta. Il expliqua donc, sans du reste sortir du domaine de la déduction logique, que si l'Église avait un jour à sa tète un pape non seulement mauvais, mais persécuteur et ennemi de la religion, elle n'aurait pas le droit de le déposer, mais qu'elle pourrait seulement prier Dieu de l'en délivrer et aussi résister à ce monstre « par la force et les armes, attendu qu'il n'est pas nécessaire d'avoir l'autorité pour résister et opposer la force à la force. » Mais

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