‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 314 sur 371 · De concil. cl Eccl.y · texte numérisé non relu

De concil. cl Eccl.y

•2. De concil. el EccL, 1. 7.

si le pape, non content de travailler à renverser l'Église, était encore formellement hérétique , l'Église serait-elle encore réduite à le subir? Torquemada avait défendu ce sentiment; Bellarmin le combattit \ 11 ne croyait pas, nous le savons, que Dieu pût abandonner son Eglise entre les mains d'un pape hérétique. Toutefois comme les théologiens et les canonistes étaient d'un avis opposé, Bellarmin, se voyant obligé de discuter une hypothèse qui lui paraissait chimérique, affirma que l'Église aurait le droit de juger un pape coupable d'hérésie ^. Les références ne lui manquèrent pas pour appuyer sa solution. Il invoqua d'abord le canon Si papa du Corpus jiuis qui, prévoyant justement ce cas, décidait qu'un pape hérétique devait être jugé par l'Église. Il invoqua, en second lieu, l'autorité du pape Adrien déclarant, dans un concile romain, que le pape Honorius avait été à bon droit frappé d'anathème comme coupable d'hérésie. « Sans doute, dit Bellarmin, Honorius n'a probablement pas été hérétique et le pape Adrien a été induit en erreur par des exemplaires falsifiés des actes du sixième concile. Son attitude prouve du moins qu'il a cru qu'un pape hérétique pouvait être jugé. Ajoutons que le concile romain présidé par lui était dans le même sentiment et que ce sentiment était partagé par le huitième concile général où furent lus les actes du concile romain en question. »

Toutefois, après avoir autorisé l'Eglise à juger un pape hérétique, Bellarmin lui dénia le droit de le déposer. Selon lui, la règle était inflexible : l'Église ne pouvait rien contre son chef même hérétique, ou, si elle avait le droit de le juger, son jugement ne pouvait que constater l'hérésie. Cette constatation devait-elle donc rester sans conséquences pratiques? Non. Bellarmin observa que saint Paul avait prescrit d'éviter l'hérétique réfractaire à un double avertissement et devenu notoire. Il observa encore que saint Cyprien avait dit : « Nous ne reconnaissons aucun pouvoir aux hérétiques et aux schismatiques. » Il conclut qu'un pape ouvertement hérétique était

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