Defensio
370 LE PAPE ET LES CONCILES (iENERAUX.
face YIII, le roi Philippe le Bel... réunit une assemblée dans laquelle on demanda un concile général pour juger le pape... Boniface... se borna à dire qu'un concile ne pouvait être convoqué sans lui et que ce frivole appel ne l'arrêterait pas... Il ne qualifia pas plus durement l'appel au concile. Et ce qu'il dit était sans valeur, puisque sa bulle fut supprimée par son successeur Clément V. Le même Boniface, dans une dernière bulle que sa mort prématurée l'empêcha de promulguer, énuméra diverses causes pour lesquelles le roi avait encouru l'excommunication, mais il ne mentionna pas l'appel au ct)ncile. »
« Le premier homme qui ait condamné expressément les appels du pape, c'est Benoît XIII ou Pierre de Lune qui était schismatique endurci... Il lança l'excommunication contre ceux qui osaient interjeter appel du pontife romain... Mais .le concile de Constance révoqua sa bulle... En 1459, après l'assemblée de Mantoue,il promulgua la bulle Execrabilis dans laquelle il frappait d'excommunication tous ceux qui appelaient du pontif(^ romain... Mais les considérants qu'il fit valoir laissent entendre qu'il interdit les appels uniquement dans les cas ordinaires et .pour des intérêts particuliers... Aussi, après cette bulle et, du vivant même de Pie II, beaucoup de Français en appelèrent au concile, par la raison que le pape semblait condamner la Pragmatique sanction ^ . »
Le i^estabat adhuc plenarium universae Ecclesiae conciliam de saint Augustin fournissait un appoint trop spécieux à la théorie gallicane pour être négligé. Sans tenir compte de l'explication donnée par Bellarmin, Bossuet utilisa ce texte et lui adjoignit le commentaire que voici : « 11 suit de là.., que, même après le jugement porté par le pape au sein d'un synode, il reste le concile plénier de l'Eglise universelle qui a le droit de réformer l'arrêt du pape... 11 s'agissait, dit-on, d'une question de fait. D'accord. Mais la question donatiste reposait tout entière sur ce fait. D'où l'on voit que non seulement dans les choses qui appartiennent à la foi, mais encore dans tout ce