‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 318 sur 371 · Ik'fensio · texte numérisé non relu

Ik'fensio

qui intéresse l'Eglise, la force est avant tout dans l'accord général ^ . »

Mais ce furent les décrets de Florence et de Constance qui — avec la question de la confirmation des conciles dont on parlera plus loin ^, — retinrent surtout Tattention de Bossuet. Selon Bellarmin, le concile de Florence avait nettement proclamé la supériorité du pape sur le concile. Et, en effet, on ne pouvait, semble-t-il, désirer rien de plus formel que cette définition promulguée par le susdit concile : « Nous définissons que le saint-siège apostolique et le pontife romain détient la primauté sur Tunivers tout entier ; que le pontife romain luimême est le successeur du bienheureux Pierre, prince des apôtres, le vrai vicaire du Christ, le chef de toute l'Église, le père et le pasteur de tous les chrétiens, et qu'il a reçu dé Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans le bienheureux Pierre, le plein pouvoir de paître, régir et gouverner l'Eglise universelle, comme aussi (queinadmodiim etiam) l'enseignent les actes des conciles généraux et les saints canons. » Toutefois que signifiait au juste la formule quemadmodum etiam? Avait-elle un sens explicatif ou un sens restrictif? Voulait-elle dire que le pape a un plein pouvoir dans l'P^glise, « ainsi que du reste » l'enseignent les conciles et les canons ? Voulait-elle dire, au contraire, que le pape a un plein pouvoir << dans la mesure précisée » par les conciles et les canons?

Déjà de Marca ^ et Launoi ^ avaient soulevé ce problème et l'avaient résolu à l'avantage de la théorie gallicane. Selon eux, le concile de Florence avait défini que le pape a reçu du Christ la souveraine autorité « dans les limites tracées par les conciles ». Nous allons retrouver à l'instant, sous la plume de Bossuet, plusieurs des considérations qu'ils faisaient valoir à l'appui de leur opinion. Notons seulement qu'ils rejetaient l'authenticité de la formule quemadmodum etiam. Ils prétendaient que le texte latin primitif contenait quemadmodum et, correspondant

Page 1