‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 328 sur 371 · De conciCtis el Ecclcsia inUUanlc, I. Vl · texte numérisé non relu

De conciCtis el Ecclcsia inUUanlc, I. Vl

dit-il, qu'ils prennent dans Fintérêt de la religion, les dispositions indiquées par Votre Sainteté selon les règles ecclésiastiques> » Nous avons aussi une lettre des évêques de la seconde Mésie à l'empereur Léon, où ils lui disent que « beaucoup de saints évêques se sont réunis à Chalcédoine par l'ordre du pontife romain Léon qui est vraiment le clief des évêques ». — Enfin le pape Gélase dit dans sa Lettre aux éi^éques de Durdanie, que « le siège apostolique a seul décrété par son autorité la convocation du concile de Chalcédoine ^ ».

On le voit, Bellarmin fait face à tous les assauts qu'on lui livre, de quelque côté qu'ils viennent, et en dépit des textes qu'on a dressés devant lui, il arrive à la conclusion suivante ^. « Les premiers conciles ont été convoqués par les empereurs, mais sur l'avis et avec le consentement du pape. »

Toutefois cette conclusion elle-même ne soulève-t-elle pas des difficultés? Les empereurs ont convoqué les premiers conciles. Sans doute ils se sont mis préalablement d'accord avec les papes et ils n'ont agi qu'avec leur consentement. Mais enfin la convocation a été leur œuvre. Etait-ce bien ce résultat que nous attendions, quand on nous disait que, seul, le pape a le droit de convoquer un concile général? Bellarmin qui ne se dissimule pas l'objection, se met immédiatement en devoir de l'écraser ^. Il nous explique donc pourquoi les papes ont laissé, pendant de longs siècles, les empereurs prendre une part si considérable aux affaires de l'Eglise. Cela tient d'abord à ce qu'il y avait une vieille loi impériale qui interdisait les attroupements et les réunions sans l'autorisation de l'empereur. Il fallait bien en tenir compte. De plus, les conciles ne pouvaient se tenir que dans une ville de l'empire. Or, on ne peut évidemment se rassembler quelque part sans l'autorisation du maître de l'endroit. « Aujourd'hui encore, dit Bellarmin, si un concile se tenait en dehors de l'état pontifical, soit en France, soit en Espagne, soit en Allemagne, on demanderait sans nul doute l'autorisation du maître de la ville ou delà province. » — Ajou-

i. De concil. et EccL, I. 13.

2. De concil. et EccL, I. 13 : « Habemusergo prima illa concilia abimperatoribus indicta fuisse, secl ex pontificum sententiaet consensu ».

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