CHEZ LES THÉOLOGIENS MODERNES
sans le rajeunir, le vieux stock d'objections, tant scripturaires que patristiques, que leur avaient légué leurs ancêtres. Seuls, les protestants libéraux ont soulevé de noxiveaux problèmes. Ils ont affirmé que certaines doctrines, par exemple le millénarisme, rejetées plus tard par l'Eglise, étaient d'origine apostolique; que d'autres au contraire, avaient surgi longtemps après les apôtres à qui on les attribuait. Ils ont affirmé que d'authentiques traditions apostoliques avaient disparu et qu'à leur place s'étaient installées des traditions écloses dans le cours des siècles, puis mises indûment sous le patronage des apôtres. Ils ont dénié toute valeur aux marques proposées par les théologiens pour reconnaître les traditions apostoliques. Ils ont voulu, en un mot, saper par la base l'édifice que les controversistes avaient péniblement élevé. Mais cette entreprise était trop radicale pour exercer quelque influence sur les théologiens. Ceux-ci ont refusé de suivre des adversaires qui marchaient vers le néant et ils ont maintenu la thèse des traditions, telle que l'avait ébauchée Melchior Cano, telle que l'avait construite Bellarmin'.
1. Franzelin a cependant entrevu quelques-uns des i)roblèmes que la théologie a aujourd'hui à résoudre. Voir De divina Traditione, thés. IG. Le lecteur est prié de se rappeler ici que les travaux accomplis depuis trente-cinq ans restent en dehors du cadre de ce livre.