‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 338 sur 371 · Epi8t. ad Faurum · texte numérisé non relu

Epi8t. ad Faurum

concile de Chalcédoine. L'empereur Marcien, Timpératrice Pulchérie, le légat de saint Léon, Julien de Cos, les Pères de Chalcédoine eux-mêmes, sans parler de divers écrivains venus plus tard, désignent Célestin et Cyrille comme les présidents d'Kphèse. Dans la pensée de ceux qui furent les premiers à remployer, cette formule associait au concile d'Kphèse le concile de Rome. Le pape était censé avoir présidé à Ephèse, puisqu'il avait présidé le synode romain où, pour la première fois, Nestorius avait été frappé de condamnation.

On pourrait néanmoins hésiter à tirer une conclusion ferme, n'était l'importance exceptionnelle des textes du premier groupe. Nous avons sur la question nestorienne trois lettres du pape Célestin, une à l'empereur, une autre aux Pères du concile d'Kphèse, la troisième à saint Cyrille. Dans les deux premières, le pape informe l'empereur et les évêques qu'il envoie à Kphèse Arcadius, Projectus et Philippe pour le représenter : il ne nomme pas l'évoque d'Alexandrie. Dans la troisième, il répond à une question posée par Cyrille : il ne l'investit d'aucun mandat pour le concile d'Kphèse et il ne laisse nullement entrevoir qu'il l'a chargé d'y tenir sa place. Comment expliquer un pareil silence, sinon parce que, de fait, Cyrille n'avait pas reçu la mission de représenter le pape? De même, à deux reprises différentes, les Pères du concile mentionnent Arcadius, Projectus et Philippe comme délégués par Célestin : à ces trois noms ils n'associent pas celui de Cyrille. D'autre part, les mêmes Pères proclament trois fois que Cyrille est leur chef, qu'il est la tête du concile, son maître : ils n'ajoutent pas que l'évêque d'Alexandrie tient la place de l'évêque de Rome. De son côté, Cyrille est amené deux fois à parler des délégués romains : jamais il ne se présente comme leur collègue; jamais il ne dit ou n'insinue qu'il est, lui aussi, le fondé de pouvoirs du pape. Encore une fois, comment expliquer ce silence, sinon par la raison déjà signalée? On doit donc conclure que saint Cyrille exerça la présidence au concile d'Kphèse, non à titre de légat pontifical, mais à titre d'évêque d'Alexandrie, et que les trois délégués du pape Célestin assistèrent aux séances du concile sans présider. Cette conclusion est confirmée par Célestin qui, dans ses lettres aux

Pères du concile ainsi qu'à l'empereur, annonce l'envoi de ses représentants, sans réclamer pour eux la présidence. Elle est encore confirmée par saint Léon, qui écrit dans une lettre qvie « Cyrille présida au premier concile d'Éphèse ».

Quand Théodose II convoqua le second . concile d'Ephèse ^ (le brigandage) pour régler la question d'Eutychès, il confia, par une lettre que nous avons encore, la présidence à Dioscore d'Alexandrie. Le pape saint Léon accepta sans protester la disposition impériale. Plusieurs des lettres qu'il écrivit à cette époque nous le montrent envoyant, par déférence pour l'empereur, ses légats à Ephèse, et les chargeant d'y défendre la vraie foi, mais non d'y réclamer la préséance. Plus tard, il est vrai, le même pape se plaignit amèrement de ce concile et demanda à l'empereur d'en annuler toutes les décisions. Mais ses griefs ne portèrent pas sur le fait même de la présidence de Dioscore ; ils portèrent sur la manière dont l'évêque d'Alexandrie s'était acquitté de cette fonction. Saint Léon reprocha à Dioscore d'avoir violenté les consciences au profit de la cause monophysite, il ne lui reprocha pas autre chose. On fait grand bruit de ce que, deux ans plus tard, le légat romain Lucentius accusa Dioscore, devant les Pères de Chalcédoine, d'avoir osé faire un concile en dehors du siège apostolique. On objecte aussi le texte de l'historien Libérât qui signale comme une irrégularité que Dioscore n'ait pas laissé les représentants du pape « assidere », qu'il n'ait pas donné la première place au siège apostolique et qu'il n'ait pas autorisé la lecture de la lettre de saint Léon à Flavien. Mais c'est ce dernier fait seul qui motive les plaintes de Lucentius ainsi que de Libérât. En empêchant les légats de lire la profession de foi de saint Léon, Dioscore tint, en effet, son concile en dehors du siège apostolique et il refusa aux légats le genre de préséance qu'ils réclamaient, c'est-à-dire la préséance dans l'exposition de la foi.

Après le brigandage d'Ephèse ^, saint Léon supplia l'empereur de rassembler en Italie un concile général afin de réparer l'œuvre néfaste de Dioscore. Marcien, pour consoler

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