Eplsl. ad Gerbasium
2. Voir encore : Episl. ad Burgewn, 8, 2, tondant à démontrer que l'évêque Osius, qui présida le concile de Sardique, n'exerça pas cette fonction comme délégué du pape Jules. Elle n'est pas dirigée contre Bellarmin qui — Launoi lui-même en fait la remaniue — a passé ce concile sous silence, mais contre Baronius et contre un théologien français qui n'est pas nommé; — Epist. ad Gruinum, 8, 3, dont le but est d'établir que la i)résidence du concile de Constantinople de 381 n*a été exercée ni ])ar Damase, ni par ses légats; — Episl. ad Sanibovium. 8, 9; Epist. ad lionuit), 8, 10 (jui traitent de la présidence des septième et huitième conciles.
Tempereiir. Il nous reste à dire Faccueil que rencontra l'implacable docteur gallican.
A l'exemple de Launoi, Tillemont ^ ne voulut reconnaître aucune influence pontificale dans la tenue des premiers conciles généraux. Il ne mentionna qu'avec dédain le texte de Gélase de Cyzique où Osius était présenté comme le délégué de Sylvestre. Il reproduisit, avec quelques nuances sans portée, les vues de Launoi sur la situation de saint Cyrille et de Dioscore dans les deux conciles d'Ephèse. Il fut même plus radical que son maître dans l'interprétation des actes du concile de Chalcédoine. N'osa-t-il pas dire que les vrais présidents de ce concile furent les officiers de Marcien? Mais les gallicans modérés qui, si souvent, luttèrent contre Bellarmin, prirent ici sa défense. Déjà, avant Launoi, cette œuvre avait été accomplie par Marca. Elle fut reprise par Noël Alexandre 2, qui parfois se borna à résumer Marca, mais qui ailleurs se préoccupa de résoudre les objections nouvelles. On se trouvait en face de [deux sortes de difficultés. Il fallait, d'une part, rendre compte des textes et des faits qui semblaient attribuer la présidence de Chalcédoine aux officiers de Marcien, et à Constantin Pogonat la présidence du sixième concile. On avait, d'autre part, à justifier l'assertion de Gélase de Cyzique relativement à la légation d'Osius et à expliquer le silence
1. Tillemont, VI. 637 ot 807- (concile de Xic(>e, ch. -2 et note 4); XIV. 765 (sur Éphèse, note 39 sur saint Cyrille d'Alexandrie); XV. 552 (sur le brigandage d"Éphèse; voir aussi, p. 904, note 26, sur saint Léon); XV. 646 (sur Chalcédoine). Il dit dans ce dernier endroit : « Quoique les légats du pape eussent le premier rang entre les évèques, on pourroit néanmoins dire en quelque sorte que c'estoient les officiers de l'empereur qui présidoient. Ils sont toujours nommez les premiers, ils règlent quantité de petites choses, ils proposent les matières, ils forment les avis, rejettent mesme quelquefois les résolutions que le concile sembloit prendre et en ouvrent d'autres, et concluent les matières après que les evesques ont donné leurs suffrages. »
2. In saec. 4, dissert. 12 (sur Xicée); in saec. 5. dissert. 7, qu. 2 (sur Éphèse); in saec. 5, dissert. 11, qu. 2 (sur Chalcédoine); m saec. 7, dissert. 1, qu. 2 (sur le sixième concile), etc. — Bossuet {Defensio, 7. 7) accepte l'assertion de Gélase de Cyzique relativement à Nicée. Mais (7. 13. 7) il dit que saint Cyrille n'était pas légat du pape Célestin au concile d'Ephèse et que les légats du pape au même concile représentaient tout l'Occident.
de saint Léon au sujet de la première place confiée par Théodose II àDioscore dansle second concile (brigandage) d'Éphèse. Noël Alexandre répondit que Marcien avait envoyé ses officiers à Chalcédoine uniquement pour faire la police et empêcher le retour des scènes scandaleuses qui avaient déshonoré le brigandage d'Ephèse. 11 fit également observer que Pogonfit avait occupé au sixième concile la place d'honneur en qualité de protecteur de la foi, mais qu'il était resté étranger aux controverses théologiques et qu'il n'avait fait aucun acte d'autorité. Quant à Gélase, Marca déclara que le renseignement fourni par cet historien venait d'Eusèbe et était, par là-même, au-dessus de toute contestation. « On objecte, ajouta-t-il, que ce renseignement ne se trouve aujourd'hui ni chez Eusèbe, ni chez Socrate, Sozomène et Tliéodoret qui ont lu Eusèbe comme nous le lisons. . . Je réponds qu'il y a dans le texte d'Eusèbe une lacune... Cette lacune, qui existait déjà du temps de Socrate, de Théodoret et de Sozomène. est due à la négligence d'un copiste qui a passé une ou deux lignes... La lacune, pour qui n'a pas de secours étranger, n'est pas facile à apercevoir et c'est ce qui explique que Socrate, Sozomène et Théodoret ne font pas vue... Mais on la saisit tout de suite quand on compare le texte traditionnel d'Eusèbe au texte que nous donne Gélase. » Telle fut la solution de Marca à la diiïiculté soulevée par l'assertion de Gélase. Un peu plus loin, le même auteur expliqua que l'empereur Théodose II, sur le conseil du rusé Eutychès, avait confié à Dioscore la présidence du second concile d'Éphèse par des lettres particulières destinées à rester secrètes. Le pape saint Léon n'avait donc rien su du projet impérial : de là l'absence de toute protestation pontificale.
Les théologiens des dix-huitième et dix-neuvième siècles qui revendiquèrent pour le pape le droit à la présidence des îonciles généraux, employèrent surtout la méthode de déduction telle qu'on l'a exposée plus haut. Et ceux d'entre eux qui traitèrent la question par l'histoire, se bornèrent à utiliser les travaux de Bellarmin, de Marca et de Noël Alexandre. Hefele ' doit être excepté. La dissertation qu'il a mise en tête