‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 341 sur 371 · Histoire des conciles, Introcl. S 3, t. I, p · texte numérisé non relu

Histoire des conciles, Introcl. S 3, t. I, p

de V Histoire des conciles , contient, au sujet de la présidence, certaines vues personnelles qui méritent d'être signalées, et dont voici le résumé :

Les actes du sixième concile donnent à l'empereur Constantin Pogonat le titre de président. Ils nomment ses officiers immédiatement après lui, puis ils passent à l'énumération des membres proprement dits du concile au moyen de la formule : « le saint et œcuménique concile s'étant rassemblé... ». On voit que l'empereur et sa cour forment un groupe à part distinct du concile. Les légats du pape sont mentionnés avant tous les autres évêques et ils signent aussi avant tous les autres. Ils sont donc les premiers membres du concile. Quant à l'empereur, il ne signe qu'après tous les évêques avec la formule legimus et consensimus, pour sanctionner les explications fournies par le concile. Donc ici encore, l'empereur se met en dehors du concile proprement dit. On doit cependant reconnaître qu'il a, ainsi que ses officiers, dirigé les débats à diverses reprises.

Nous savons par des témoins irrécusables que les légats du pape saint Léon présidèrent le concile de Chalcédoine. D'ailleurs le pape réclama pour eux la première place, avant même l'ouverture du concile, dans sa lettre du 24 juin 451 à Marcien où on lit : « Praedictum fratrem et coepiscopum meum (Paschasinum) vice mea synodo convenit praesidere. D'autre part, il est incontestable que les commissaires impériaux occupèrent au concile la place d'honneur, que leurs noms paraissent toujours les premiers dans les procès-verbaux, qu'ils fixèrent l'ordre du jour des séances et qu'ils exercèrent toutes les fonctions qui conviennent à un président d'assemblée. Il est sûr aussi que l'empereur assista en personne à la sixième séance et qu'il dirigea les débats. Comment concilier la présidence des légats pontificaux avec cette présidence impériale? La lettre des Pères du concile au pape résout l'énigme en nous apprenant que l'empereur veilla au maintien de l'ordre. Le maintien de l'ordre : tel fut le but de la présidence exercée par Marcien, but tout profane et qui restait étranger à la sphère des doctrines.

L'empereur Théodose II chargea le comte Candidien d'être

son commissaire au concile d'Ephèse, avec mission de ne pas prendre part aux controverses théologiques et de se borner à protéger la liberté des Pères du concile. En fait, Candidien prit ouvertement parti pour Nestorius et le favorisa de tout son pouvoir. D'autre part, le pape Célestin envoya trois légats au concile. Mais, dès le 10 août 430, il avait fait de Cyrille son représentant dans la question nestorienne et il lui avait donné pleins pouvoirs pour la traiter. Aussi Cyrille présida les séances du concile. Ce fut bien comme légat du pape qu'il les présida, car ce titre lui est donné par le protocole, puis par Evagre, Vigile et Mansuetus de Milan. D'autres documents attribuent la présidence simultanément à Célestin et à Cyrille. On a prétendu que le concile de Nicée avait eu Constantin pour président. Cette assertion est démentie par plusieurs témoignages, entre autres par l'endroit d'Eusèbe où nous lisons que Constantin « laissa la parole aux présidents ». Par qui donc fut exercée la présidence? On s'est prononcé pour Eustathe d'Antioche, pour Eusèbe de Césarée, pour Alexandre d'Alexandrie. Ces diverses hypothèses cèdent le pas au texte de Gélase de Cyzique qui afïirme que l'évêque de Cordoue Osius représenta à Nicée l'évêque de Rome et que les prêtres Vitus et Vincent participèrent à sa mission. Gélase, a-t-on dit, déclare transcrire ici Eusèbe chez qui on ne trouve rien de semblable ; il ment donc et ne mérite aucune créance. Gélase ne ment pas. En effet, il ne transcrit pas littéralement Eusèbe. Il l'utilise, mais en se réservant la liberté d'ajouter cà et là des renseignements puisés à d'autres sources. C'est ce qu'il a fait ici. Ayant lu ailleurs une notice sur la légation d'Osius, il a cru pouvoir l'introduire dans le texte d'Eusèbe. Appuyés sur le texte de Gélase, Baronius et d'autres historiens catholiques disent que Osius, en qualité de légat du pape, présida le concile de Nicée. Leur sentiment a pour lui de graves autorités. — Hefele apporte ici divers témoignages à la suite desquels il se prononce dans le sens de Baronius. Il termine sa thèse par un examen rapide du brigandage d'Ephèse. 11 reconnaît que cette assemblée fut présidée par Dioscore. « Mais, ajoute-t-il, l'émoi causé par ce fait nous avertit que nous sommes en face d'une irrégularité. Nous le savons

encore par la protestation que firent entendre à Chalcédoine les légats romains déclarant que le synode d'Éphèse était frappé de nullité parce que Dioscore avait osé le présider. »

///. Confirmation.

A la dissertation sur la convocation des conciles œcuméniques dont on a lu plus haut l'esquisse, Pighi en ajouta une autre sur leur confirmation' : « Parcourez les actes et l'histoire des conciles universels, dit-il, et vous verrez que, non contents de se laisser mener par l'autorité du siège apostolique, les Pères de ces assemblées ont soumis leurs décisions à la chaire de Pierre, qui pourtant assistait et présidait par ses légats aux délibérations. » Pour prouver son assertion, Pighi commença par citer la lettre des évêques de Nicée au pape Sylvestre, priant de confirmer leurs décisions dont ils lui envoyaient le texte traduit en latin-. « Vous voyez, dit-il, après avoir rapporté cette pièce, que ce grand concile a présenté ses actes au siège apostolique et lui a demandé de les sanctionner. » Poursuivant son enquête, il constata que les hérésies de Macédonius, de Nestorius, d'Eutychès avaient été condamnées tout d'abord à Rome, et que les conciles de Constantinople, d'Ephèse, de Chalcédoine s'étaient bornés à reproduire les arrêts rendus par saint Damase, saint Célestin et saint Léon. Toutefois il expédia en quelques lignes la querelle macédonienne et la querelle nestorienne. Mais il s'arrêta assez longtemps autour du concile de Chalcédoine. Il rapporta les lettres que saint Léon avait envoyées aux Pères du concile, à Marcien, à Pulchérie, à d'autres encore, et il souligna le ton de ces lettres, ton autoritaire qui fixait la doctrine et ne souffrait pas de réplique. Il rapporta également la lettre écrite par les Pères du concile à saint Léon pour lui communiquer leurs décisions,

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