Dcfensio, VIII
ciles, mais ceux de leurs prédécesseurs eux-mêmes. Les adversaires ne diront pourtant pas que cette confirmation infirme l'autorité des pontifes romains qui l'ont reçue. Bien plus, nous lisons que des décrets universellement reçus ont été confirmés par des inférieurs. Nous lisons, par exemple, que... divers conciles ont confirmél^i foi et les décrets de Nicée. Cette confirmation n'était évidemment qu'une simple profession de foi... Du reste, il est piquant de remarquer que si les décrets des conciles ont été confirmés par le siège apostolique, les décrets du siège apostolique ont réciproquement été confirmés par les conciles... Presque au milieu du quatrième siècle, les évêques d'un concile d'Antioche donnèrent leur adhésion à la foi proclamée par le synode romain tenu sous la présidence de Damase. Or cette adhésion fut exprimée en ces termes : Omnes ita consentientes eidem super expositae fidei singuli sua suhscriptione confirmant. On lit dans les actes d'un concile d'Afrique tenu sous Célestin que tel décret du pape Innocent a été lu et confirmé [Jioc ipsum episcoporum sententits^ coniirmo.tur). Dans leur cinquième séance, les Pères de Chalcédoine formulèrent une définition de foi identique pour le fond à la lettre de saint Léon. Ils s'écrièrent ensuite : « Cette définition confirme la lettre. Nous croyons comme croit l'archevêque Léon. » De là le mot de saint Léon : « Ce qui avait été défini par notre ministère a été confirmé par l'assentiment de nos frères... » Dans le troisième concile romain qui fut célébré par Grégoire le Grand, les évêques répondirent au discours du pape : «... Nous confirmons ce que Votre Béatitude a décrété... ». Quand on lit les documents, rien de plus commun que de voir les décrets pontificaux confirmés par le consentement des évêques et des églises... »
Après avoir développé longuement cette observation préalable, Bossuet étudie l'histoire des conciles'. Il commence par déclarer que le concile de Nicée n'a jamais été confirmé par le pape et, appuyé sur l'autorité du P. Labbe^,, il rejette comme apocryphe la lettre des Pères du concile à Sylvestre, ainsi que