‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 344 sur 371 · De fensio 8,3-8. Voir aussi · texte numérisé non relu

De fensio 8,3-8. Voir aussi

'2. Labbe, Concil. 2, 18.

la réponse de Sylvestre. « Les doctes, ajoute-t-il, n'ont aucun doute sur ce point. » De Nicée il passe au concile de Rimini, dont Bellarmin s'était plu à rappeler la condamnation prononcée par Damase. « Ce fait, répond Bossuet, est vrai, mais il ne fait rien à la question. D'abord, le concile de Rimini n'était pas œcuménique... D'ailleurs il tourna mal et devint nul de plein droit pour avoir osé remettre en question une chose déjà jugée parle concile œcuménique de Nicée... » Ici Bossuet revient aux conciles généraux et il formule sur leur compte les conclusions suivantes : « Le concile de Constantinople devint œcuménique par l'adhésion que lui donna le concile romain célébré sous la présidence de Damase, adhésion qui n'eut aucunement le caractère d'une confirmation. Il est vrai que les papes saint Léon et saint Grégoire protestèrent contre le troisième canon de ce concile qui donnait à lévéque de Constantinople la préséance sur tous les évêques d'Orient. Mais ce canon n'en fut pas moins en vigueur dans tout l'Orient. Du reste, les légats du pape au concile de Chalcédoine l'acceptèrent, puisqu'ils accordèrent la seconde place à Anatole de Constantinople et qu'ils reprochèrent à Dioscore d'avoir, dans le brigandage d'Éphèse, relégué Flavien au cinquième rang. Les légats du pape Célestin confirmèrent les décisions de la première séance du concile d'Ephèse à laquelle ils n'avaient pas assisté. Mais, d'après les termes mêmes dont ils se servirent, cette confirmation consista simplement à constater que tout s'était passé canoniquement. De plus, l'un des légats déclara que ses collègues et lui représentaient toute l'Église d'Occident ; de sorte que ce fut l'Occident tout entier qui, par leur bouche, confirma les résolutions prises par l'Orient dans cette première séance. Par ailleurs, les Pères du concile envoyèrent à Célestin la relation de leurs actes, mais sans lui demander de les confirmer. Et, s'ils exécutèrent la sentence de condamnation portée contre Nestorius par Célestin, ce fut après l'avoir mûrement, librement examinée, et s'être rendu compte par eux-mêmes qu'elle était l'expression de la vérité. Le brigandage d'Éphèse fut condamné par saint Léon, mais il était, tout comme le concile de Rimini, nul de plein droit, par suite des scènes de violence qui

s'y étaient déroulées et par suite du refus opposé par Dioscore à la lecture de la lettre de saint Léon. Le concile de Chalcédoine ne songea même pas à demander au pape de confirmer sesdécrets dogmatiques.il est vrai que, dans la rédaction de ces décrets, les Pères du concile se conformèrent à la Lettrée à Fiavien, mais ce ne fut qu'après l'avoir soumise à un examen préalable^ Quantau vingt-huitième canon qui, comme on le sait, était étranger au dogme et concernait le siège de Constantinople, le concile de Chalcédoine demanda humblement à saint Léon de le confirmer; mais ici la situation était différente. Le canon en litige anéantissait les canons deNicée, lesquels avaient reçu l'approbation de toute l'Eglise. Il ne pouvait donc avoir de valeur tant que l'Eglise d'Occident, représentée par Rome, ne s'unirait pas aux évêques d'Orient, pour l'accepter. Dès que le sixième concile eut rédigé sa définition dogmatique, il l'envoya aux patriarches. Il l'envoya également au pape, en assurant qu'il l'avait écrite à la lumière de la lettre pontificale et qu'il avait été assisté par le Saint-Esprit. La lettre au siège apostolique fut une simple notification. Et, si le pape Léon II déclara confirmer les décrets du concile par son autorité apostolique, il expliqua sa pensée en ajoutant qu'il leur donnait son adhésion, parce que « établis sur la pierre solide qui est le Christ )), ils avaient « reçu du Seigneur lui-même la solidité ». Le septième concile ne demanda à Adrien aucune confirmation. Quant au huitième concile, ce qu'il demanda au pape sous le nom de confirmation, ce fut de promulguer et d'exécuter ses décrets, lesquels du reste avaient été portés en conformité avec les deux sentences émanées de Nicolas et d'Adrien IL

Telle est la thèse que nous lisons dans Bossuet et dont Tillemont 2 ainsi que Noël Alexandre ^présentent à leurs lecteurs des éléments plus ou] moins nombreux. Cependant la doctrine soutenue par Bellarmin trouva, même en France, un défenseur : ce fut Thomassin^ Le savant oratcrien consacra

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