‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 362 sur 371 · Ibid., l · texte numérisé non relu

Ibid., l

426 LE POUVOIR DES PAPES DANS l'oIIDRE TEMPOREL.

romains qui erraient d'une demeure à une autre ou vivaient cachés dans les catacombes, auraient-ils pu convoquer les évêques pour prendre leur avis et arrêter une décision sur une affaire d'une aussi grande importance? »

Pendant que l'école gallicane et l'école de Bellarmin se livraient bataille au sujet du pouvoir indirect, une troisième opinion apparaissait, qui présentait la suprématie temporelle des papes sous un jour nouveau. Selon elle, le pouvoir pontifical était — à ne considérer que le droit divin — strictement renfermé dans la sphère des intérêts spirituels, et aucune des paroles évangéliques, aucun des textes de rÉcrilure n'autorisait les successeurs de saint Pierre à s'immiscer dans les affaires temporelles. Pourtant les papes avaient pu revendiquer et exercer légitimement la suprématie temporelle. C'est qu'en effet cette suprématie, qu'ils ne tenaient pas du droit divin, le droit humain la leur avait conférée. Le droit public du moyen âge leur avait donné la mission de surveiller et, au besoin, de déposer les rois. De sorte que l'activité politique exercée pendant tout le moyen âge par les papes pouvait historiquement se justifier en dehors de tout appel à un droit divin chimérique. Cette théorie , dont on aperçoit le germe dans Leibniz ^, fut soutenue parFénelon qui lui consacra un chapitre de sa dissertation De summi pontifiais auctoritate ^. De Maistre l'adopta et créa autour d'elle un puissant courant de sympathie -^ Mais ni Leibniz ni de Maistre ni Fénelon luimême — qui toutefois a discuté quelques faits — ne se sont préoccupés sérieusement de confirmer par l'histoire leur opinion. Gosselin '* , le premier, a comblé cette lacune et s'est

1. De actorum pubiicorum usu, dissort. 1 (préface du Codex diplomalicus juris gentium); Tractalus de jure suprematm, pars. 3 (tome 4. p. 401). Voir les extraits dans le livre de Gosselin, p. 471. Leibniz ne paraît même pas trop opposé à la doctrine du ]iouvoir indirect. Voir Gosselin, ]). 511.

2. Cap. 39. Fénelon mentionne la réponse de Zacharie au sujet de Childéric et la mesure prise par les évêques de France à l'égard de Louis le Débonnaire. Selon lui, Zacharie donna un simple avis sur un cas de conscience: au concile de Coiupiègne de 833, les évoques agirent en qualité de pi-emiers seigneurs du royaume, et non en tant qu'évèques.

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